Le constructeur aéronautique canadien Bombardier a annoncé vendredi un investissement de 270 millions de dollars aux États-Unis, destiné à agrandir son réseau de services aériens. Le projet prévoit la création de 800 postes, dont 500 sont déjà vacants et recrutés activement, tandis que 300 seront générés par de nouvelles installations prévues dans le Kansas, le Texas, l’Indiana et le Connecticut. Cette première phase témoigne d’une volonté de renforcer la présence américaine de la firme, dont le siège social mondial reste à Montréal.
Détails de l’investissement et de l’embauche
Les 270 M$ seront affectés à la construction d’un centre d’apprentissage à Wichita (Kansas), à l’ouverture d’un nouveau centre de maintenance à Fort Wayne (Indiana) prévue en novembre, ainsi qu’à d’autres projets d’expansion dans le Texas et le Connecticut. Bombardier indique que ces initiatives soutiendront 27 200 emplois en 2025, incluant les salariés de la chaîne d’approvisionnement américaine, et que le nombre total d’emplois soutenus pourrait dépasser les 33 000 à l’issue du programme. L’entreprise a déjà dépensé 2,8 milliards de dollars dans son écosystème local l’an dernier.
Les 800 postes annoncés comprennent 500 emplois déjà vacants, pour lesquels le groupe mène un recrutement intensif, et 300 nouveaux emplois qui découleront des projets d’expansion. Les fonctions varient de la maintenance technique aux services de formation, en passant par la gestion de la logistique et le soutien administratif. Cette diversification des talents vise à consolider la capacité de Bombardier à offrir un service après-vente de haute qualité sur le territoire américain.
Réactions politiques et soutien de Donald Trump
Quelques jours après que le président américain Donald Trump a renoncé à sa menace de bloquer la vente des avions Bombardier, le dirigeant a publiquement salué l’opération. Dans un post sur Truth Social, Trump a déclaré que cet investissement créera « des milliers d’emplois » dans le Kansas, le Texas et l’Indiana, soulignant qu’il veillera à la protection des travailleurs locaux. Le président avait initialement exigé que l’entreprise produise sur sol américain pour accéder au marché, avant de changer de ton lors d’un meeting à Wichita, où il a affirmé qu’il « prendra soin » des salariés de Bombardier.
Le dialogue avec l’administration américaine a été décrit par le PDG Eric Martel comme « constructif ». Selon lui, les échanges ont permis d’envisager un « avenir prometteur » pour les équipes hautement qualifiées du secteur aérospatial, tout en bénéficiant d’un environnement règlementaire favorable. Le soutien politique a également été renforcé par le sénateur républicain du Kansas, Roger Marshall, qui a sollicité la Maison-Blanche afin de protéger les 1 500 emplois locaux dépendants de la présence de Bombardier.
Impact économique et perspectives futures
Au-delà des chiffres d’emploi, Bombardier estime que son investissement aura un effet multiplicateur sur l’économie américaine. Une étude réalisée par Oxford Economics indique que chaque million de dollars injecté dans la chaîne d’approvisionnement américaine génère en moyenne plusieurs emplois indirects, que ce soit dans le secteur manufacturier, le transport ou les services financiers. Ainsi, les 270 M$ investis pourraient soutenir plus de 33 000 emplois liés, incluant fournisseurs, sous-traitants et structures locales.
À moyen terme, la société envisage d’élargir davantage son réseau de support, en renforçant la présence de ses équipes techniques aux États-Unis et en développant de nouveaux programmes de formation. Le plan de 270 M$ constitue la première étape d’une stratégie plus large visant à positionner Bombardier comme un acteur clé du marché nord-américain de la maintenance et du support aéronautique, tout en consolidant sa résilience face aux tensions commerciales entre les deux pays.



