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13 octobre 2026

Budget 2027 : taxe Zucman polémique, pacte Dutreil sous le feu

Le budget 2027 s’ouvre sous le feu des critiques : la taxation des ultra‑riches et le régime Dutreil sont remis en question dans l’hémicycle.

Budget 2027 : taxe Zucman polémique, pacte Dutreil sous le feu

L’Assemblée nationale a entamé ce mardi l’examen de la première partie du projet de loi de finances 2027. Dans un contexte de dette élevée et de déficits persistants, le gouvernement a présenté un texte qui, dès le départ, a déclenché de vives oppositions. L’enjeu principal se résume à la recherche de nouvelles recettes pour atteindre l’objectif de 5 % de déficit, tout en préservant la compétitivité économique du pays. Les ultra-riches et les mécanismes de transmission de patrimoine sont rapidement devenus les points de bascule du débat, opposant les partisans d’une taxation accrue aux défenseurs de l’entrepreneuriat.

Contexte budgétaire et pressions fiscales

Le Budget 2027 arrive à un moment où la croissance du produit intérieur brut stagne et où les dépenses sociales, notamment les retraites, pèsent lourdement sur les comptes publics. Les députés ont déjà rejeté le texte en commission, citant notamment la perspective d’un gel du plafond de l’abattement fiscal pour les retraités, qui aurait coûté un milliard et demi d’euros. Malgré ces concessions, le projet reste largement perçu comme favorable aux plus aisés, ce qui alimente les critiques de la gauche qui réclame une remise en cause des failles fiscales existantes.

Selon la Cour des comptes, les 10 % des ménages les plus riches détiennent la moitié du patrimoine national, mais paient proportionnellement moins d’impôts en raison de multiples dérogations. Cette disparité alimente le sentiment d’injustice fiscale et ouvre la porte à des propositions de réformes structurelles, comme la révision du pacte Dutreil ou l’introduction d’une imposition minimale sur les fortunes.

La taxe Zucman sous les projecteurs

Proposée à l’origine par le chercheur Thomas Zucman, la taxe Zucman prévoit un prélèvement d’au moins 2 % sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros. Elle a été réactivée lors du débat parlementaire, soutenue par des élus de la France Insoumise qui y voient un « outil efficace contre l’évasion fiscale des plus riches ». En revanche, le rapporteur général Philippe Juvin (LR) l’a qualifiée d’« anticonstitutionnelle », arguant qu’elle pourrait décourager les investissements et nuire à l’attractivité du pays.

Les partisans de la mesure soulignent que les 2 000 à 3 000 foyers détenant plus de 100 millions d’euros paient aujourd’hui moins d’impôts que la moyenne, créant une « faille béante ». En introduisant une imposition minimale, le gouvernement espère récolter plusieurs dizaines de milliards d’euros, un gain non négligeable dans le cadre de la lutte contre la dette publique. Les opposants, quant à eux, redoutent que cette hausse ne pousse les capitaux à fuir, affaiblissant

Le pacte Dutreil et la fiscalité des transmissions

Parallèlement, le pacte Dutreil fait l’objet d’un examen critique. Ce dispositif permet, sous conditions, une exonération de 75 % des droits de mutation lors du transfert d’une entreprise familiale. Les défenseurs avancent qu’il préserve la continuité des PME et évite la désorganisation des entreprises lors de la succession. La Cour des comptes, toutefois, estime que le dispositif profite largement aux très gros patrimoines et recommande une révision afin d’éviter une inégalité fiscale persistante.

Dans le débat parlementaire, les représentants de la gauche, comme Éric Coquerel (LFI), ont demandé d’étendre la base taxable au-delà de 12 millions d’euros, qualifiant la mesure actuelle d’« impôt sur la mort ». Les républicains, notamment Bruno Retailleau, ont répliqué que les successions reflètent le fruit d’une vie de travail et que la taxation excessive découragerait l’esprit d’entreprise. Le point d’achoppement porte donc sur la balance entre justice sociale et encouragement à la création de valeur économique.

Les prochains jours d’Assemblée détermineront si la France optera pour une fiscalité plus progressive ou maintiendra les dispositifs actuels au risque d’alimenter le ressentiment social à l’approche de l’élection présidentielle.