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28 juillet 2026

Canadair : les défis de la lutte contre les incendies en France

Les Canadair, essentiels dans la lutte contre les incendies, sont au centre de vives discussions. Entre commandes controversées et retards de maintenance, découvrez les défis actuels.

Canadair : les défis de la lutte contre les incendies en France

Les incendies dévastateurs qui frappent la France, notamment en Gironde, ont mis en lumière les défis liés aux moyens aériens de lutte contre les feux de forêt. Les Canadair avions bombardiers d’eau, sont au cœur des tensions, tant sur le plan politique qu’opérationnel.

En 2026, après une vague d’incendies ravageurs dans le sud-ouest, Emmanuel Macron avait annoncé un plan prévoyant l’acquisition de quatre nouveaux Canadair et le remplacement des 12 appareils déjà en service d’ici 2027. Cependant, cette promesse se heurte à des réalités complexes.

Les accusations politiques autour des commandes de Canadair

En juillet 2026, le député de La France insoumise Manuel Bompard a accusé le gouvernement de Gabriel Attal d’avoir réduit le budget de la sécurité civile de 50 millions d’euros, entraînant l’annulation de la commande de deux Canadair supplémentaires. Cette accusation a été soutenue par la sénatrice Les Républicains Françoise Dumont dans un rapport publié en novembre 2026.

Gabriel Attal, alors Premier ministre, a signé un décret en février 2026 annulant 10 milliards d’euros de dépenses publiques. Ses partisans contestent les accusations, affirmant que le gouvernement a passé commande pour deux nouveaux Canadair en 2026. Il s’agissait en réalité d’une commande mutualisée avec l’Union européenne, dans le cadre du projet RescUE, sans rapport avec une décision purement française.

Après les mégafeux de 2026 dans l’Aude, l’État prévoit

Les retards de maintenance et les défis opérationnels

Alors que les incendies font rage dans les Landes, le Var et la Gironde, un pilote de Canadair a dénoncé les retards de la société en charge de la maintenance des avions. Eric Durand, secrétaire général adjoint du Syndicat national des personnels navigants de l’aviation civile, a expliqué que deux Canadair sont encore en maintenance hivernale en raison de retards de la société Sabena Technics.

Les vols sont très éprouvants pour les machines, et les systèmes sont mis à rude épreuve, ce qui entraîne des pannes fréquentes. Eric Durand a souligné que la flotte n’est pas vieillissante, mais que la maintenance doit être réalisée correctement pour éviter les retards.

Face au manque de Canadair, le gouvernement a déployé l’A400M, capable de larguer une masse d’eau plus importante. Cependant, Eric Durand a émis des réserves sur son utilisation, soulignant que l’équipage n’a pas été formé aux feux de forêt et que son efficacité est limitée pour l’instant.

La France peut-elle produire ses propres Canadair ?

Trois start-up françaises travaillent sur la conception de bombardiers d’eau fabriqués en France. Hynaero, basée à Istres, vise à produire le Canadair de demain, plus puissant que celui fabriqué par De Havilland. Le Fregate-F100, leur projet, devrait permettre d’écoper 10 tonnes d’eau contre six pour le Canadair actuel, et voler à 450 km/h.

Les vols d’essai de ce bombardier d’eau amphibie nouvelle génération n’auront toutefois pas lieu avant 2030, avec un début de production espéré en 2032. En attendant, la France a passé commande de quatre Canadair supplémentaires, avec des livraisons prévues entre 2028 et 2033.

David Pincet, président de Hynaero, a commenté: « Il n’y a aucune raison de se résoudre à acheter pour 90 millions d’euros pièce des avions des années 1970, alors qu’on peut en France, en coopération européenne, concevoir et produire un avion amphibie bombardier d’eau moderne. »