Location meublée non professionnelle (LMNP) séduit les investisseurs pour sa rentabilité, mais le choix du régime fiscal conditionne le revenu net imposable. Deux cadres existent: le micro-BIC basé sur un abattement forfaitaire, et le régime réel qui autorise la déduction de toutes les charges réelles, dont les amortissements. Ce guide détaille les seuils, les calculs, les prélèvements sociaux, et propose un arbre de décision pour orienter le contribuable.
Micro-BIC: seuils, abattement et mode de calcul
Le régime micro-BIC s’applique automatiquement lorsque les recettes annuelles de la location meublée n’excèdent pas 72 500 € (pour les meublés classiques) ou 176 200 € (pour les locations de chambres d’hôtes). Au-delà, le contribuable bascule au régime réel. L’abattement est de 50 % des recettes, avec un minimum de 305 €, et aucune déduction de charges n’est possible. Le résultat imposable se calcule
Régime réel: amortissements et déductions détaillés
Le régime réel s’impose dès que les recettes dépassent les seuils du micro-BIC ou sur option volontaire, même en dessous des seuils. Il permet de déduire toutes les charges réelles (intérêts d’emprunt, taxes foncières, assurances, frais de gestion, travaux). L’élément central est l’amortissement du bien et du mobilier, réparti sur plusieurs années:
- Amortissement du bâti: généralement 2 % à 4 % par an selon la durée d’usage (25-50 ans).
- Amortissement du mobilier: 5 % à 10 % par an (10-20 ans).
- Amortissement des travaux d’amélioration: 10 % à 20 % selon la nature.
Les amortissements sont déductibles du résultat fiscal, mais n’ont pas d’impact sur les prélèvements sociaux, qui restent calculés sur le résultat avant amortissement.
Calcul du résultat imposable pas à pas – exemple chiffré
Supposons un LMNP avec les données suivantes (régime réel):
- Recettes annuelles: 30 000 €
- Intérêts d’emprunt: 4 000 €
- Taxes foncières: 800 €
- Assurances: 400 €
- Frais de gestion: 600 €
- Amortissement du bâti (30 000 € sur 30 ans): 1 000 €
- Amortissement du mobilier (5 000 € sur 10 ans): 500 €
Le calcul s’effectue
Prélèvements sociaux: comment les intégrer
Les prélèvements sociaux s’appliquent sur le résultat fiscal avant amortissements. En pratique, il faut donc repartir le résultat en deux tableaux:
- Résultat net imposable (après amortissements) = base de l’impôt sur le revenu.
- Résultat avant amortissements = base des prélèvements sociaux.
Cette double comptabilité implique de conserver scrupuleusement les justificatifs de chaque charge, et de réintégrer les amortissements dans le calcul des cotisations sociales chaque année.
Arbre de décision pour choisir le régime le plus avantageux
Un arbre de décision simplifie le choix:
- Les recettes < 72 500 € ?
- Oui → passer à l’étape 2.
- Non → régime réel obligatoire.
- Souhaitez-vous déduire les charges réelles (intérêts, travaux, etc.) ?
- Oui → régime réel (option possible même sous le seuil).
- Non → micro-BIC.
- Le bien possède-t-il un mobilier important ou nécessite-t-il des travaux d’amortissement ?
- Oui → régime réel pour profiter des amortissements.
- Non → micro-BIC reste intéressant.
- Quel est le taux marginal d’imposition ?
- Supérieur à 30 % → le gain fiscal du réel l’emporte souvent.
- Inférieur à 30 % → le micro-BIC peut suffire.
En suivant cet arbre, le contribuable identifie rapidement le régime qui maximise son revenu net après impôt et prélèvements sociaux.



