Le paysage de la gestion de patrimoine évolue rapidement. En 2026, deux forces convergent : une demande accrue de transparence et d’intégration dans l’offre, et l’arrivée massive de femmes et d’investisseurs de la génération Z ou milléniale qui veulent participer aux opportunités, y compris dans les marchés privés. Pour les conseillers et les gestionnaires, il ne s’agit plus seulement de performance : la pertinence commerciale passera par la capacité à construire des « on-ramps » crédibles vers des investissements non cotés et à adapter la relation client à des attentes nouvelles.
Pour comprendre les enjeux concrets, il faut considérer à la fois les chiffres et les comportements : des enquêtes récentes montrent des montants de ticket spécifiques, des préférences en matière d’alignement des valeurs et une forte demande d’accompagnement professionnel. Ces indicateurs dessinent une clientèle prête à investir, mais qui veut le faire avec des garanties et une pédagogie claire.
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Profils et attentes : qui sont les nouvelles investisseuses ?
La démographie des participantes change la donne. Selon plusieurs études, la proportion de femmes investissant a bondi ces dernières années, portée par une génération plus jeune initiée aux finances personnelles via des créatrices de contenu et des outils numériques. Le résultat est tangible : une part importante des nouvelles investisseuses envisage des tickets conséquents pour des premiers engagements en venture ou en fonds privés. Une enquête menée auprès de 315 participantes montre que 67 % prévoient d’investir entre 25 000 $ et 49 000 $ dans des opportunités de capital-risque, tandis que 22 % tablent sur 50 000 $ à 99 000 $. Ces chiffres illustrent une volonté d’aller au-delà de petits tests ponctuels.
Préférences d’investissement et horizon
Les motivations ne sont pas uniquement financières : 77 % déclarent vouloir investir selon un prisme de valeurs et 58 % selon un prisme de genre. Beaucoup allouent encore peu de leur portefeuille aux non cotés (27 % n’affectent que 1–5 %), ce qui laisse une marge de progression pour des solutions pédagogiques et des structures d’accès sécurisées. En outre, 27 % des répondantes ont réalisé seulement une ou deux opérations privées jusqu’à présent, ce qui confirme une phase d’entrée plutôt que d’ancrage.
Le rôle des conseillers : accompagner, structurer, démocratiser
Face à cette dynamique, le conseil se réinvente. Une majorité (63 %) des nouvelles investisseuses recherchent un accompagnement ou se fient entièrement à leur conseiller pour placer des capitaux privés. Pour les professionnels, cela implique de proposer des parcours pédagogiques, des véhicules d’investissement adaptés et une transparence renforcée sur les frais, la liquidité et les risques. Les cabinets qui réussiront seront ceux qui combinent intégration technologique (portails pédagogiques, due diligence simplifiée) et modèle humain (coaching, mentors, réseaux d’anciens investisseurs).
Exemples d’actions concrètes
Des dispositifs possibles incluent la création de fonds à tickets réduits, des clubs d’anges encadrés, ou des solutions « feeder » permettant d’agréger des petits apports. L’objectif : offrir une on-ramp crédible vers le private equity et le venture, sans exposer les participantes à des conditions de liquidité ou de gouvernance inadaptées. À long terme, ces initiatives peuvent ouvrir une source de capitaux significative, même si elles n’aboutissent pas toujours à des méga-tours médiatisés.
Impacts sociétaux et opportunités stratégiques
Au-delà des portefeuilles individuels, l’augmentation du contrôle des femmes sur les actifs change les équilibres. Aujourd’hui, les femmes détiennent environ 10 000 milliards de dollars d’actifs ménagers aux États-Unis, montant que certaines projections estiment à 30 000 milliards d’ici 2030. Cette évolution représente non seulement un transfert de richesse majeur, mais aussi une opportunité pour les acteurs financiers qui sauront aligner produits et communications sur des attentes de long terme.
Parallèlement, des études comme celle de 2026 montrent que la santé financière influence fortement la santé mentale : 62 % des répondants déclarent un impact sur leur bien-être, chiffre qui monte à 71 % pour les générations les plus jeunes. Cela renforce l’idée que la prévention financière et l’éducation ne sont pas accessoires, mais centrales pour fidéliser une clientèle en quête de sécurité et d’autonomie.
Ceux qui construiront des passerelles responsables vers les marchés privés et qui investiront dans l’éducation et l’accompagnement créeront un avantage compétitif durable.
