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La finance

Comment l’intelligence artificielle transforme la gestion des risques dans le secteur bancaire

L'intelligence artificielle modifie en profondeur la façon dont les banques gèrent les risques, entraînant des défis et des opportunités sans précédent.

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Comment l’intelligence artificielle transforme la gestion des risques dans le secteur bancaire

Au cours de la dernière décennie, l’adoption de l’intelligence artificielle (IA) par les institutions financières a fait un bond considérable, dépassant le stade des projets pilotes pour s’intégrer dans les processus décisionnels fondamentaux. Selon la Banque des règlements internationaux, environ 80 % des grandes banques utilisent divers outils d’IA pour améliorer l’efficacité et la réactivité de leurs opérations. Cependant, cette intégration massive soulève des défis liés à la structure de contrôle existante, souvent inadéquate pour un environnement où l’IA joue un rôle central.

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Les vulnérabilités qui en résultent peuvent se traduire par des fluctuations des bénéfices, une exposition accrue aux régulations, et même des dommages à la réputation des établissements. Dans ce contexte, trois types de risques critiques émergent, mettant en lumière les faiblesses structurelles des systèmes de contrôle traditionnels.

Les nouvelles dimensions des risques bancaires

L’IA impose des complexités uniques dans les catégories de risque traditionnel, notamment le risque de crédit, le risque de marché, le risque opérationnel et le risque de conformité. Voici les principaux risques à surveiller :

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Risque lié aux modèles systémiques : la fragilité derrière la précision

Les systèmes d’IA se distinguent par des architectures complexes et non linéaires qui, bien que capables de fournir des prévisions précises, demeurent souvent opaques. Ce phénomène, connu sous le terme de boîte noire, soulève des préoccupations quant à la capacité des banques à justifier leurs décisions. Par exemple, un modèle de scoring de crédit basé sur l’IA pourrait approuver un nombre élevé de prêts dans un contexte économique stable, mais échouer à identifier des signes de défaut lors d’une crise. Cette opacité peut compromettre la conformité réglementaire et nuire à la confiance des clients, poussant ainsi les régulateurs à exiger une responsabilité accrue dans la prise de décisions pilotée par l’IA.

Risque de données à grande échelle : biais et dérive

La performance des systèmes d’IA dépend étroitement de la qualité des données utilisées. Des ensembles de données biaisés ou obsolètes peuvent entraîner des pratiques de prêt discriminatoires, des erreurs dans la détection de la fraude, et des évaluations de risque trompeuses. Ces problèmes sont particulièrement critiques dans le cadre de la surveillance contre le blanchiment d’argent (AML), où des faux positifs ou négatifs peuvent engendrer des conséquences juridiques et financières significatives.

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Un exemple illustratif serait un outil d’IA de détection de fraude qui, s’il est alimenté par des données historiques biaisées, risque de cibler injustement certaines populations ou régions. De même, des modèles de scoring de crédit utilisant des données incomplètes peuvent classer des emprunteurs à haut risque comme étant à faible risque, résultant en des pertes de prêts. Il est donc essentiel d’établir une gouvernance des données rigoureuse pour garantir l’intégrité des modèles d’IA.

Les défis des anciens cadres de contrôle face à l’IA

La majorité des banques continuent de s’appuyer sur des systèmes de contrôle déterministes, conçus pour des environnements régis par des règles. En revanche, l’IA est probabiliste, adaptative, et souvent auto-apprenante, entraînant trois principales lacunes en matière de gouvernance.

Lacune d’explicabilité

Il est impératif que la direction et les régulateurs soient en mesure d’expliquer les décisions prises, au lieu de simplement vérifier si les résultats sont corrects. Les systèmes d’IA doivent donc être conçus avec une transparence intégrée.

Lacune de responsabilité

L’automatisation peut brouiller les responsabilités entre les différents acteurs, y compris les propriétaires de processus, les scientifiques des données, et les équipes de conformité. Une approche hybride qui associe l’humain à l’automatisation pour les décisions critiques peut aider à réduire ces incidents.

Lacune de cycle de vie

Le risque associé à l’IA ne se limite pas à la phase de déploiement des modèles. Il évolue en fonction des nouvelles données et des changements environnementaux. Les banques doivent donc adopter une approche proactive.

Vers une gouvernance de l’IA efficace

Pour surmonter ces défis, des institutions de premier plan adoptent des cadres de gestion des risques qui considèrent l’IA comme un enjeu d’entreprise plutôt que comme un simple outil technique. Ces frameworks sont généralement basés sur cinq piliers fondamentaux.

Supervision au niveau du conseil d’administration

Une supervision efficace commence par des engagements au niveau de la direction. Les conseils d’administration doivent avoir une visibilité claire sur l’utilisation de l’IA dans des décisions critiques, ainsi que sur les risques financiers, réglementaires et éthiques associés.

Validation et transparence des modèles

Les meilleures pratiques recommandent d’intégrer l’explicabilité dès la conception des systèmes d’IA. Cela inclut également des validations indépendantes et des tests de stress pour garantir que les décisions soient justifiées et défendables.

En conclusion, la capacité des banques à gérer efficacement l’intelligence artificielle déterminera leur succès futur. Les institutions qui sauront anticiper les risques émergents et instaurer des mécanismes de responsabilité dans leurs décisions seront mieux préparées pour faire face aux défis du secteur bancaire moderne.