Le gouvernement français a dévoilé les grandes orientations de son budget 2027. Au cœur du discours du ministre de l’Économie, Roland Lescure, se trouve l’ambition d’atteindre un déficit public équivalant à 5 % du produit intérieur brut (PIB) l’an prochain. Cette cible, présentée comme à la fois ambitieuse et réalisable s’inscrit dans la continuité des objectifs fixés pour 2026, où le déficit visé était inférieur à 5,5 %.
Un objectif de déficit de 5 % pour 2027
Pour l’exercice 2026, le ministre a rappelé que le gouvernement cherchait à réduire le déficit à 5,4 % du PIB, contre 5,1 % l’année précédente. L’objectif initial de 5 % pour 2026 a été revu à la baisse, les autorités ayant admis qu’il ne serait pas atteint. En 2027, l’effort annoncé s’élève à 54 milliards d’euros d’économies, ce qui, selon Lescure, devrait placer le déficit à 5 % du PIB. Cette ambition repose sur une combinaison de mesures de réduction des dépenses et de stimuli fiscaux ciblés afin de préserver la croissance.
Les principaux leviers d’économies annoncés
Le ministre a détaillé les principaux axes d’intervention. D’abord, le gouvernement maintient le crédit impôt-recherche considéré comme un moteur essentiel d’innovation. En parallèle, la surtaxe sur les sociétés doit être réduite à 5 milliards d’euros, contre près de 8 milliards dépensés cette année, constituant
Maintien du crédit impôt-recherche
Ce dispositif, qui permet aux entreprises de déduire une partie de leurs dépenses de recherche du montant de l’impôt, reste inchangé. Lescure a souligné qu’il était crucial de soutenir les entreprises innovantes pour éviter de freiner la dynamique économique, surtout dans un contexte de réduction globale des dépenses publiques.
Réduction de la surtaxe sur les sociétés
La baisse de la surtaxe représente une mesure de déconcentration fiscale visant à alléger la charge des entreprises et à encourager l’investissement. En économisant 3 milliards, l’État espère libérer des marges de manœuvre pour d’autres priorités budgétaires tout en envoyant un signal positif aux marchés financiers.
Répartition des efforts entre les acteurs publics
L’ensemble des 54 milliards d’économies doit être partagé entre plusieurs piliers: l’État central, les collectivités locales et les administrations de la Sécurité sociale. Lescure a précisé que les fonctionnaires, les retraités et les collectivités supporteraient chacun une part du fardeau. À ce jour, le budget prévoit un effort de 6 milliards d’euros provenant du secteur des retraites, soit environ 11 % du total des économies attendues. Le reste, soit 48 milliards, sera réparti entre les dépenses de l’État et les charges des collectivités.
Le ministre a également rappelé que le Parlement devra se prononcer sur deux mesures sensibles concernant les retraités: la désindexation des pensions sur l’inflation ou la suppression d’un abattement de 10 % dont ils bénéficient actuellement. Ces décisions, selon Lescure, devront être prises de façon équitable afin que chaque groupe contribue à la réduction du déficit.
Si toutes les parties respectent leurs engagements, Roland Lescure estime que le cap de 5 % de déficit en 2027 est tout à fait atteignable.



