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31 octobre 2026

Départ d’Agnès Firmin Le Bodo de la commission d’enquête du 17 octobre

Agnès Firmin Le Bodo a annoncé son retrait de la commission d’enquête du 17 octobre, pointant du doigt l’absence d’équilibre politique et le boycott du Rassemblement national.

Départ d’Agnès Firmin Le Bodo de la commission d’enquête du 17 octobre

Le vendredi 30 octobre, la députée du parti Horizons Agnès Firmin Le Bodo a officiellement déposé sa démission du poste de corapporteuse de la commission d’enquête instituée pour examiner les violences du 17 octobre. Dans un communiqué adressé aux médias, elle a rappelé qu’« une commission d’enquête ne peut pas remplir pleinement sa mission sans un cadre de travail respectueux des équilibres démocratiques et de la composition de notre Assemblée ». Cette décision fait suite à un retrait annoncé une semaine plus tôt, le vendredi 23 octobre, où elle avait indiqué se mettre « en retrait » tant que le débat sur la représentation du Rassemblement national (RN) ne serait pas résolu.

Contexte politique et blocage sur les postes de rapporteurs

La commission a été créée à l’initiative de la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, en réponse aux pillages et aux troubles du 17 octobre. Dès son lancement, la distribution des trois postes de rapporteur a créé des tensions : un poste a été attribué à Agnès Firmin Le Bodo (Horizons), les deux autres à Roger Vicot (Parti socialiste) et Pouria Amirshahi (groupe Écologiste et Social), à la suite d’un vote à bulletin secret. Le RN, premier groupe en nombre de députés, n’a reçu aucun de ces postes, ce qui l’a conduit à annoncer un boycott de la commission.

Les réactions au sein de l’Assemblée

Face à l’impasse, plusieurs tentatives ont été proposées. Certains groupes ont milité pour la création d’un quatrième poste de rapporteur dédié au RN, afin de rétablir ce que le parti considère comme un équilibre politique. Cette proposition a été rejetée par la gauche, qui estime qu’elle compromettrait la légitimité de la commission. Boris Vallaud, président du groupe socialiste, a critiqué la décision d’Agnès Firmin Le Bodo sur le réseau X, demandant pourquoi des députés cherchaient à « décrédibiliser » l’enquête et insinuant que la campagne présidentielle d’Édouard Philippe était réduite à un « petit télégraphe » du RN.

Perspectives et prochaines étapes

Malgré le retrait de la corapporteuse, la commission doit débuter ses travaux. Le mandat prévoit notamment d’analyser la façon dont les pouvoirs publics se sont préparés aux manifestations, ainsi que les moyens d’information et les ressources mobilisées. Le premier audition prévue porte sur le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, prévue pour le mardi suivant le retrait. Par ailleurs, le président de la commission des lois, Vincent Caure, qui préside également la commission d’enquête, a déclaré qu’il allait consulter les différents groupes politiques afin de rechercher une solution de compromis, éventuellement en envisageant une nomination supplémentaire ou une mission d’information en lieu et place de la commission actuelle.

Enjeux de crédibilité et de légitimité

Pour Agnès Firmin Le Bodo, la crédibilité de l’enquête repose sur la représentation de toutes les sensibilités politiques au sein de la commission. Elle a expliqué à l’AFP que permettre au RN de « se victimiser » ne le vaincrait pas, et qu’une composition déséquilibrée risquait d’entraîner un manque de confiance du public. De son côté, Pouria Amirshahi a souligné que le retrait de la corapporteuse n’empêchait pas le lancement des travaux, rappelant que la commission a une obligation constitutionnelle d’avancer.