La dépendance de l’Europe aux technologies propriétaires américaines, notamment pour le matériel informatique, pose un défi majeur. Avec le retour de Donald Trump et ses menaces envers l’Europe, la question de la souveraineté technologique est plus cruciale que jamais. Si les débats se concentrent souvent sur les logiciels et les infrastructures, une troisième dimension, souvent négligée, est celle du contrôle des outils de conception et des architectures de puces.
L’Open Source Hardware (OSH) ou matériel open source, émerge comme une solution prometteuse. Ce mouvement vise à rendre les designs de matériel publiquement disponibles, permettant à quiconque de les étudier, modifier, distribuer, fabriquer et vendre. Jonathan Linaker, chercheur au RISE Research Institutes of Sweden explique que l’OSH inclut les spécifications de conception, les logiciels et la documentation, tous publiés sous une forme facilement modifiable.
L’Open Source Hardware dans le domaine des semi-conducteurs
Dans le secteur des semi-conducteurs, l’OSH prend la forme de silicium open source. Cela inclut les cœurs de processeurs, les accélérateurs et les blocs de propriété intellectuelle dont la conception est ouverte. L’architecture RISC-V gérée par une organisation à but non lucratif basée en Suisse, en est un exemple marquant. Avec plus de 4 500 membres, RISC-V permet à n’importe qui de concevoir, fabriquer et vendre des microprocesseurs personnalisés sans payer de redevances.
Javier Serrano, membre de l’European Open Source Academy souligne que RISC-V a ouvert la voie à la conception de puces sans obstacles juridiques. Cette avancée est cruciale pour l’Europe, qui était auparavant totalement dépendante de technologies étrangères pour les processeurs.
Les field programmable gate arrays (FPGAs) ou réseaux de portes programmables par l’utilisateur, sont un autre domaine où l’OSH gagne du terrain. Traditionnellement dominé par AMD et Intel, le marché des FPGAs voit l’émergence de Cologne Chip une entreprise allemande qui mise sur l’open source.
L’Open Source Hardware dans les centres de données
L’OSH est également pertinent dans le contexte des centres de données et des équipements réseau. Posséder ses propres modèles d’intelligence artificielle, comme Mistral, n’est pas suffisant si l’on ne dispose pas des infrastructures pour les faire tourner. Cela inclut les serveurs, les systèmes de stockage, les équipements réseau,
Un écosystème dynamique de jeunes pousses européennes émerge dans ce domaine. Circle B une société néerlandaise, déploie des infrastructures de centres de données basées sur des designs open source. ScaleUp Technologies premier fournisseur cloud allemand à déployer massivement du matériel ouvert, et Maincubes opérateur de centre de données très actif dans l’OSH, sont également des acteurs clés.
Les initiatives européennes pour promouvoir l’Open Source Hardware
Le mouvement OSH a commencé à attirer l’attention des autorités européennes. L’ un projet financé par l’UE, soutient la mise en place de l’Académie européenne de l’open source. Cette initiative vise à sensibiliser et promouvoir le logiciel et matériel open source à travers l’Europe.
Le projet White Rabbit hébergé au sein du CERN et financé par l’UE, est un autre exemple d’innovation open source. Cette technologie vise à garantir une synchronisation ultra-précise des appareils sans passer par les systèmes de géopositionnement par satellite, réduisant
Le terrain est actuellement fertile pour le développement de l’OSH, dans la mesure où l’on assiste à une convergence entre matériel et logiciel. Johan Linaker souligne que cette convergence facilite le développement de l’OSH, permettant une collaboration similaire à celle du développement de logiciels.


