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3 septembre 2026

François Hollande, la gauche et les enjeux de la présidentielle 2027

François Hollande, ancien président, se positionne pour la présidentielle de 2027. Découvrez sa stratégie et les défis de la gauche.

François Hollande, la gauche et les enjeux de la présidentielle 2027

François Hollande, ancien président de la République, a confirmé mercredi 2 septembre sur France Inter qu’il ne participerait pas à la primaire à gauche, organisée en octobre par le Parti socialiste (PS) et Place publique. Cette décision stratégique soulève de nombreuses questions sur son avenir politique et celui de la gauche pour l’élection présidentielle de 2027.

Pressenti depuis plusieurs semaines comme potentiel candidat, François Hollande a clarifié sa position en affirmant qu’il ne se placerait pas « dans une candidature » pour l’instant. Il a précisé que sa décision dépendrait de la dynamique de la gauche social-démocrate. « Il n’y aura qu’une seule candidature de la gauche social-démocrate, a-t-il assuré. Si le candidat ou la candidate désignée a la dynamique nécessaire [pour l’emporter], pourquoi viendrais-je, moi, interférer ? »

Une candidature conditionnelle

Pour l’instant, quatre candidats se sont manifestés: le chef de Place publique, Raphaël Glucksmann, les députés socialistes Jérôme Guedj et Philippe Brun, et l’ancienne candidate à la présidentielle en 2007, Ségolène Royal. François Hollande a assuré ne pas se placer « dans une candidature », estimant qu’il y en avait « suffisamment aujourd’hui » et précisant qu’il « apprécierai[t] le moment venu ce qu'[il aurait] à faire ».

Il a ajouté: « [Mon] calendrier, c’est le mois de décembre, parce que décembre, dans une élection présidentielle, c’est le mois-clé. » François Hollande a déclaré: « Je suis socialiste, je voterai à la primaire, bien sûr », précisant qu’il ferait savoir « le moment venu » sur qui portera son choix.

Un projet pour la France

François Hollande publie jeudi un nouveau livre, Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche dans lequel il présente « un projet » pour la France. Il y détaille plusieurs mesures répondant aux besoins du pays, comme une augmentation de quatre points de la TVA afin de financer une revalorisation des salaires, ou l’investissement « massif dans la décarbonation et les nouvelles technologies ».

Il a également affirmé: « Il y a aujourd’hui une nécessité que la France soit beaucoup plus forte qu’elle ne l’est aujourd’hui et qu’elle soit plus unie autour de la seule priorité qui vaille dans une société qui vieillit, c’est-à-dire la jeunesse, l’éducation, la formation, la qualification et aussi la transition écologique. »

La stratégie de l’embusqué

François Hollande semble adopter une stratégie d’attente, observant comment le jeu politique s’organise. Michael Weber, sénateur socialiste de Moselle, explique: « Sa stratégie, c’est plutôt d’attendre de voir comment le jeu s’organise et, s’il est candidat, de se positionner sur son créneau, celui de la gauche sociale-démocrate et écologiste. »

Pierre Charon, sénateur honoraire Les Républicains, voit dans cette position en retrait une stratégie habile: « C’est la meilleure stratégie de Hollande de ne pas passer par la primaire. Il a raison de faire ça, mais on finit toujours par payer à la douane. »

Jean-Christophe Cambadélis, ancien premier secrétaire du Parti socialiste, refuse de faire de la candidature de Hollande la cause des divisions actuelles. « Ce n’est pas la candidature de Hollande qui divise la gauche. Elle est déjà divisée en trois blocs: les sociaux-démocrates, les populistes de gauche et, au milieu, ceux qui veulent être un trait d’union ou ceux qui tentent de faire la synthèse », prévient-il.

Pour lui, la question de 2027 pourrait d’ailleurs progressivement dépasser les querelles de personnes et les bilans des anciens présidents: « Les dix ans de Macron sont passés par là. Ce qui va peser de plus en plus, ce n’est pas le bilan des uns et des autres, mais la question de savoir qui sera capable de battre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. »

Un proche de l’ancien président résume cette confiance en une formule brève: « On est prêts. »