La France s’apprête à franchir une étape cruciale dans la régulation de l’ultra-fast fashion. Ce mercredi 17 juin, une commission mixte paritaire (CMP) se réunit pour trouver un terrain d’entente sur une proposition de loi visant à encadrer ce secteur controversé. Portée par la députée Anne-Cécile Viollandcette initiative a déjà fait l’objet de débats animés à l’Assemblée nationale en mars 2026 et au Sénat en juin 2026.
L’objectif principal de ce texte est de lutter contre les géants asiatiques de la mode éphémère, comme Shein et Temutout en protégeant les enseignes françaises et européennes. Les mesures proposées incluent l’interdiction de la publiciténotamment via les influenceurs, et un système de bonus-malus environnemental par vêtement.
Les mesures clés de la proposition de loi
La proposition de loi prévoit plusieurs mesures phares pour encadrer l’ultra-fast fashion. Parmi celles-ci, l’interdiction de la publicité pour les marques de ce secteur est particulièrement controversée. Les sénateurs et députés doivent encore s’accorder sur cette disposition, qui pourrait être limitée aux seuls influenceurs sur les réseaux sociaux.
Un autre aspect central du texte est l’instauration d’un système de bonus-malus environnemental. Ce mécanisme vise à pénaliser financièrement les vêtements ayant un impact environnemental élevé. Les pénalités pourraient atteindre 6 euros par articlemême pour les produits très peu chers. Ce dispositif a été conçu pour cibler spécifiquement les plateformes chinoises, tout en évitant de toucher les enseignes européennes ou françaises.
Les réactions des acteurs du secteur
Les réactions à cette proposition de loi sont mitigées. Du côté du patronat, Yann Rivoallanprésident de la Fédération française du prêt-à-porter fémininsalue cette initiative. « Sans cette loi, on n’aura aucun levier pour pouvoir freiner ces plateformes d’ultra-fast fashion », affirme-t-il. Cependant, les ONG estiment que le texte est trop restrictif.
La coalition Stop Fast Fashion critique l’approche ciblée de la loi. Selon Valeria Rodriguezporte-parole de Max Havelaarl’ultra-fast fashion ne représente que 5 à 10% du marché français. « Il faudrait réglementer tout le secteur », plaide-t-elle. Les ONG soulignent que l’industrie textile dans son ensemble est responsable de 10% des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
Un symbole fort: le départ de Shein du BHV du Marais
L’examen de ce texte coïncide avec un événement symbolique: le départ de Shein du BHV du Marais à Paris. Cette décision a suscité des réactions contrastées. Certains riverains se félicitent de cette départ, estimant que ces enseignes « n’ont rien à faire là ». D’autres, en revanche, regrettent la disparition d’une offre accessible pour tous.
Cette loi, si elle est adoptée, marquera une étape importante dans la régulation de l’industrie textile. Cependant, les débats autour de son périmètre et de son efficacité montrent la complexité de ce dossier. Les prochains jours seront décisifs pour connaître l’issue de cette commission mixte paritaire.



