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4 juillet 2026

Perspectives économiques du Maroc en 2026 : croissance, stabilité et défis

Le Maroc aborde 2026 avec une économie solide, malgré un environnement international instable. Découvrez les facteurs clés de cette résilience.

Perspectives économiques du Maroc en 2026 : croissance, stabilité et défis

En ce début d’été 2026, le Maroc se distingue par une économie dynamique, malgré un contexte international marqué par l’incertitude. Les analyses récentes des experts financiers révèlent une conjoncture économique prometteuse, portée par des fondamentaux solides et des perspectives encourageantes pour les sociétés cotées.

Lors de la 7e conférence « Résultats et perspectives des sociétés cotées », organisée le 2 juillet à la Bourse de Casablanca les analystes de BMCE Capital Global ResearchMSIN et CFG Bank ont partagé leur vision de la situation économique. Malgré un environnement international plus instable, les indicateurs économiques marocains restent robustes.

Une croissance soutenue par des facteurs structurels

Le Maroc bénéficie actuellement d’une configuration économique rare parmi les pays émergents. La croissance s’accélère, l’inflation est contenue et la politique monétaire reste stable. Cette combinaison crée un environnement favorable, offrant une meilleure visibilité pour 2026.

Selon Khadija El Moussily responsable equity Research chez BMCE Global Capital Research cette dynamique repose sur trois piliers principaux. Le premier est le redressement de l’agriculture favorisé par une pluviométrie exceptionnelle. Le deuxième est le raffermissement de la demande intérieure soutenue par une amélioration du climat économique. Enfin, l’investissement retrouve de l’élan, porté par les entreprises et les grands projets nationaux.

Cette conjonction de facteurs a permis à l’économie marocaine d’enregistrer une croissance trimestrielle de 4,6%. Les prévisions officielles ont été légèrement ajustées à la baisse, passant de 5,6% à 5,2% pour 2026, mais cette révision est davantage liée à une approche prudente concernant les activités non agricoles qu’à un véritable changement de tendance.

Un marché du travail en amélioration

Le taux de chômage est revenu à 10,8% au premier trimestre 2026, contre 13% un an auparavant. Cette amélioration doit être interprétée avec prudence, car elle résulte en partie d’une modification de la méthodologie de calcul. Cependant, la tendance de fond reste positive, contribuant au renforcement de la consommation des ménages et à l’amélioration de la confiance des investisseurs.

La production industrielle a enregistré un recul de 1,4% au premier trimestre, principalement dû à des effets saisonniers. Cette faiblesse est considérée comme temporaire, avec une reprise attendue dès le second semestre. Les autres indicateurs restent bien orientés, avec une progression de la confiance des ménages de 12% et des crédits bancaires en hausse de 8%.

Une politique monétaire prudente

Malgré une inflation limitée à 1,2% en mai, Bank Al-Maghrib a choisi de maintenir son taux directeur à 2,25%. Cette décision vise à anticiper les incertitudes internationales, notamment un éventuel choc énergétique. Les prévisions d’inflation pour 2026 ont été légèrement relevées à 1,5%.

Les conditions de financement demeurent favorables, avec des taux débiteurs en baisse, soutenant le crédit et encourageant les investissements privés. Les finances publiques restent également orientées vers une amélioration progressive, avec un déficit attendu sous le seuil de 3,5% du PIB en 2026.

Opportunités et risques pour 2026

Plusieurs facteurs structurels devraient continuer de soutenir la croissance marocaine. La réalisation des projets liés à la Coupe du monde 2030 constitue un puissant catalyseur pour les infrastructures, le BTP et le tourisme. À cela s’ajoute le soutien international au plan d’autonomie du Sahara marocain perçu comme un élément renforçant la perception du risque pays.

En parallèle, certains facteurs extérieurs demeurent préoccupants. Une fermeture prolongée des principales routes maritimes, conjuguée à une remontée durable des cours pétroliers, représenterait le principal risque pour la croissance, l’inflation et les marges des entreprises. La vulnérabilité climatique, notamment la question des ressources hydriques, reste également un défi structurel.

Selon Khadija El Moussily, l’enjeu n’est donc pas l’absence de moteurs de croissance, mais l’équilibre permanent entre des fondamentaux domestiques solides et un environnement international instable.

La Bourse de Casablanca traverse une phase de consolidation après trois années de forte progression. Le recul observé depuis le début de l’année n’est pas considéré comme une rupture, mais comme une respiration logique après une hausse cumulée de plus de 60% du MASI sur trois ans. Les fondamentaux restent solides, avec une capitalisation boursière dépassant désormais 1.028 milliards de dirhams et une capacité bénéficiaire des sociétés cotées en forte progression.