Dans la gestion de l’argent il y a cinq activités maîtresses : gagner, épargner, investir, dépens er et donner. Nous avons choisi, depuis longtemps, d’intégrer le don à notre routine financière, souvent en gardant le geste discret. La discrétion relève d’une conviction religieuse et morale : faire du bien sans rechercher la reconnaissance publique. En pratique, cela évite aussi le phénomène désagréable de la « sollicitation interminable » après un don non anonyme.
Pour limiter ces sollicitations et protéger l’anonymat, nous utilisons parfois un DAF (fonds conseillé par le donateur). Un DAF est un compte qui permet de bénéficier d’une déduction fiscale immédiate tout en répartissant les versements aux associations plus tard. Attention toutefois au comportement problématique appelé le « jerk move », où l’avantage fiscal est pris sans que les organisations reçoivent réellement les fonds. Malgré ce risque, le DAF reste un outil pratique pour un don plus confidentiel et efficace.
Pourquoi donner ?
Une présentation d’Arthur Brooks, chercheur sur le bonheur, nous a confortés dans l’idée que le don profite autant au receveur qu’au donateur : il rend plus heureux, plus sain et, contre-intuitivement, souvent plus prospère. Brooks déconstruit plusieurs idées reçues : non, donner ne vous appauvrit pas automatiquement ; non, les gens ne sont pas irréductiblement égoïstes ; non, le don n’est pas un luxe mais une priorité pour la vie civique ; et non, l’abandon de la philanthropie privée au profit exclusif de l’État ne garantit pas un meilleur résultat social. En résumé, enseigner et modéliser la générosité multiplie ses effets.
Notre année de don : approche globale
En 2026 nous avons vécu notre meilleure année de don en termes d’ampleur et de diversité. Bien que financièrement indépendants depuis des années, nous continuons à travailler et à gagner, ce qui nous permet de soutenir largement des causes sans nous priver. Notre approche combine dons anonymes, appuis institutionnels, contributions familiales et bénévolat. Nous considérons ces actes comme une gestion responsable des ressources : nous sommes des intendants, pas des propriétaires définitifs.
Éducation et bourses
Une part importante des montants alloués en 2026 a été dédiée à l’éducation. Nous avons doublé une bourse existante dans notre alma mater pour aider des étudiants en enseignement, financé une bourse fondatrice pour une nouvelle école de médecine, soutenu le White Coat Investor Scholarship et continué à alimenter des 529 pour nos 32 nièces et neveux, avec un mécanisme de match de 200% sur leurs apports. Nous avons aussi fourni un ordinateur et des logiciels à un jeune réfugié déterminé à poursuivre des études universitaires.
Famille, personnel et petits gestes
La famille et les relations proches ont aussi été prioritaires : nous avons offert des sommes « sans condition » à nos 10 frères et sœurs pour les aider à gérer des opportunités, versé un bonus imprévu à nos employés et aidé un voisin en phase terminale à couvrir des frais non pris en charge. La tradition du tithing a été respectée au sein de notre communauté religieuse. Lors d’un programme local « Sub for Santa » nous avons découvert une famille réfugiée dans des besoins élémentaires et apporté aide matérielle, visites de soutien et réparations simples qui ont eu un impact immédiat.
Engagement communautaire et bénévolat
Nos dons incluent aussi des soutiens à des structures locales : une importante contribution à la fondation du district scolaire, des dons modestes à plusieurs collectes, un prix WCI Educators Award pour stimuler l’éducation financière entre médecins, et la participation active à la campagne annuelle WCI Champions qui a permis de distribuer gratuitement des exemplaires du guide pour étudiants de médecine à une large part des promotion entrants. Enfin, le temps donné – voyages jeunesse, enseignement religieux, coaching sportif, soins médicaux gratuits – complète les dons financiers.
Pour coordonner tout cela, notre famille tient chaque année une réunion caritative. En 2026 cette rencontre, longue et réfléchie, a conduit à des versements via notre DAF vers 22 associations couvrant l’alimentation, l’hébergement, la santé, la recherche et l’aide directe en espèces. Nous croyons que donner « avec les mains chaudes » est préférable à accumuler sans finalité. De plus, comme le montre l’analyse citée par Brooks, une différence de 100 dollars donnée peut, statistiquement, être associée à 375 dollars de revenus supplémentaires pour la famille donatrice sur la période étudiée, ce qui bouscule nos intuitions sur la relation entre richesse et générosité.
Au final, notre message est simple : intégrer le don dans sa stratégie financière n’appauvrit pas nécessairement, cela structure la vie familiale et communautaire, et peut même produire des bénéfices personnels. Comment avez-vous donné récemment ? Vos expériences pourraient inspirer d’autres personnes à placer la générosité au cœur de leur budget.