La justice administrative a tranché dans un contentieux opposant Teddy Riner à l’administration fiscale. Dans une décision rendue le 15 octobre, la cour administrative d’appel de Versailles a validé le redressement que l’administration avait déjà mis en œuvre en 2019 au titre des exercices 2016 et 2017. Le litige porte sur l’exploitation d’une société de location de véhicules de prestige et sur l’utilisation personnelle de certains modèles par le champion.
Selon la cour, les dépenses liées à plusieurs voitures — parmi lesquelles figurent une Ferrari, une Rolls-Royce et une Bentley — n’ont pas été engagées « dans l’intérêt de la société » et doivent être requalifiées en avantages occultes. Le montant déterminé par l’administration s’élève à 289 000 €, réintégré dans l’assiette imposable de la structure pour les années concernées.
Les motifs du redressement et la décision d’appel
La procédure avait été déclenchée après que l’administration fiscale a estimé que certains frais (assurances, suramortissements, charges courantes) afférant aux véhicules n’étaient pas liés à l’activité de location. Les juges de la cour d’appel ont retenu une intention délibérée de minorer l’impôt, soulignant que l’intéressé ne pouvait ignorer la nature et l’utilisation de ces voitures. La décision précise que pour certains véhicules Teddy Riner était le « conducteur exclusif », ce qui renforce la qualification d’avantage en nature versé par la société.
Le redressement initial, daté de 2019, visait les exercices 2016 et 2017 : la cour a confirmé que les sommes correspondantes devaient être intégrées aux résultats imposables de la société. Concrètement, cela signifie que les charges imputées à l’entreprise ont été neutralisées et que l’administration a procédé à un recalcul des impositions en conséquence.
Arguments de la défense et appréciation judiciaire
La défense de la société avait contesté la requalification en soutenant notamment que la flotte avait été peu exploitée en 2017. Elle a invoqué un contexte qui, selon elle, a réduit la clientèle étrangère et limité les locations. Les juges de la cour d’appel ont jugé ces éléments insuffisants pour établir que les dépenses étaient engagées dans l’intérêt de l’activité commerciale. En l’absence de preuves robustes d’une exploitation effective et régulière conforme à l’objet social, la qualification d’avantages occultes a été retenue.
La décision mentionne en outre que la simple possession par une société de véhicules de prestige ne suffit pas à justifier toutes les charges, surtout lorsque des indices objectifs (conduite exclusive, faible niveau de location) laissent penser à un usage personnel. Dans ce contexte, la qualification fiscale a été appliquée et confirmée en appel.
Conséquences fiscales et portée du jugement
Sur le plan pratique, la confirmation du redressement entraîne l’exigibilité des impositions complémentaires correspondant aux 289 000 € réintégrés, ainsi que des éventuelles pénalités et intérêts de retard liés aux années concernées. La décision indique que les charges contestant l’assiette imposable de la société pour 2016 et 2017 ont été rejetées, ce qui modifie la base taxable et le montant d’impôt dû.
Au-delà du cas particulier, cet arrêt illustre la vigilance de l’administration fiscale et des juridictions sur les montages impliquant des véhicules de luxe mis à disposition de dirigeants ou d’individus liés aux structures. La requalification en avantage en nature ou en avantage occulte reste un outil fréquent lorsque l’usage personnel est avéré et que la documentation commerciale est jugée insuffisante.
Éléments chiffrés et calendrier procédural
Les paramètres factuels clefs de l’affaire sont les suivants : redressement notifié en 2019 pour les exercices 2016 et 2017, montant contesté 289 000 €, décision de la cour d’appel rendue le 15 octobre. Les juridictions ont jugé que ces éléments justifiaient la réintégration des charges dans le résultat imposable.
À ce stade, l’entourage du sportif n’a pas rendu publique de réaction détaillée à la décision d’appel. Les suites éventuelles — recours devant le Conseil d’État ou autres voies — ne sont pas mentionnées dans la décision consultée et relèvent désormais des choix procéduraux des parties.
Dans l’immédiat, la confirmation de la qualification fiscale marque une victoire procédurale pour l’administration et rappelle les risques entourant l’utilisation de biens sociaux à des fins privées sans documentation probante et conforme à l’objet social.



