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19 juillet 2026

Stabilité de l’euro : la France en difficulté

La France, avec ses finances publiques fragiles, pourrait menacer la stabilité de l'euro. Découvrez les enjeux et les solutions proposées.

Stabilité de l'euro : la France en difficulté

En 2026, la question de la pérennité de l’euro ne semble pas être au cœur des préoccupations politiques en France. Pourtant, malgré une adhésion croissante des Français à la monnaie unique, des défis majeurs persistent. La France, avec ses finances publiques fragiles, pourrait bien devenir le maillon faible de la zone euro.

Didier Cahen, dans son ouvrage L’Euro en danger publié en 2026, alerte sur les défaillances de la gouvernance de la monnaie unique. En tant que délégué général d’Eurofi, un think tank spécialisé dans les services bancaires et financiers, Cahen souligne les risques liés à l’absence d’unité politique au sein de l’Union européenne.

Les critères d’une zone monétaire optimale

Les concepteurs de l’euro étaient conscients des défis liés à la création d’une monnaie unique dans un espace dépourvu d’unité politique. Ils s’appuyaient sur la théorie des zones monétaires optimales développée par l’économiste canadien Robert Mundell dans les années soixante. Selon cette théorie, une union monétaire peut fonctionner efficacement si des mécanismes compensatoires existent, tels que la mobilité des facteurs de production et un budget suffisamment important pour absorber les chocs asymétriques.

La France, élève en difficulté

La France a été le plus mauvais élève de la classe en matière de respect des règles budgétaires. Entre 2000 et 2026, elle a enregistré un déficit public supérieur à 3% du PIB pendant vingt années, contre neuf pour l’Allemagne. La dette publique française représente désormais 117,5% du PIB, contre 63,5% en Allemagne. La Commission européenne, bien que consciente de ces dérives, manque de légitimité politique pour imposer le respect des règles communes.

Les conséquences de la politique monétaire accommodante

Didier Cahen critique la politique monétaire très accommodante menée par la Banque centrale européenne pour aider les pays de la zone euro à traverser les crises depuis 2008. Cette politique a permis aux États de s’endetter à moindre coût, ce qui a retardé les efforts de réduction des dépenses publiques. En conséquence, les pays les plus endettés voient leurs marges de manœuvre budgétaires se réduire à mesure que les taux d’intérêt augmentent et que la charge de la dette progresse.

Si la France, devenue le maillon faible de la zone euro, ne parvenait plus à faire face à ses échéances, c’est l’ensemble de la construction monétaire européenne qui risquerait de s’écrouler. Face à cette menace existentielle, Didier Cahen appelle les leaders politiques à la responsabilité. Mais parviendront-ils à convaincre les électeurs de la nécessité de redresser la barre ?