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22 juin 2026

Canicules et croissance économique : les avertissements d’Emmanuel Moulin

Emmanuel Moulin, gouverneur de la Banque de France, souligne les risques économiques des canicules et des événements climatiques extrêmes pour la croissance et le secteur financier.

Alors que la France subit une nouvelle vague de chaleur intense, Emmanuel Moulin, gouverneur de la Banque de France, a attiré l’attention sur les conséquences économiques des canicules et du changement climatique. Dans une interview accordée à France Inter le 9 juin 2026, il a souligné les risques majeurs pour la croissance et le secteur financier.

Les températures élevées, atteignant jusqu’à 40°C dans certaines régions, ont des effets complexes sur l’économie. À court terme, les impacts sont ambigus avec une baisse de productivité compensée par une hausse de la consommation d’énergie due à la climatisation. Cependant, à moyen terme, les effets sont clairement négatifs sur la croissance économique.

Les canicules et autres événements climatiques extrêmes menacent le secteur financier

Emmanuel Moulin a insisté sur le fait que les canicules ne sont pas les seuls phénomènes climatiques à poser problème. Les incendies et les inondations représentent également des risques importants pour la Banque de France et la Banque centrale européenne (BCE). Ces événements climatiques extrêmes affectent directement les actifs des banques les bilans bancaires et les assurances.

Selon le gouverneur, il est crucial de continuer à investir dans la décarbonation et l’adaptation au changement climatique. Il a souligné le rôle essentiel du secteur privé dans ces efforts, affirmant que ce n’est pas seulement de l’argent public qui doit être mobilisé.

Les prévisions économiques et les impacts à long terme

La Banque de France a récemment abaissé ses prévisions de croissance pour 2026, tablant sur une activité nulle au deuxième trimestre. Cette révision intervient dans un contexte de vagues de chaleur de plus en plus fréquentes et intenses. Selon le Centre de ressources pour l’adaptation au changement climatique, la France subit quatre fois plus de jours de canicule cette dernière décennie que dans les années 1980.

Une étude d’Allianz Trade publiée à la mi-juin estime que la perte de richesse nationale pourrait atteindre 210 milliards d’euros d’ici 2030 si les années les plus chaudes de la décennie écoulée se répètent. Ces chiffres alarmants soulignent l’urgence d’agir pour atténuer les impacts économiques du changement climatique.

L’importance de l’investissement dans la décarbonation

Face à ces défis, Emmanuel Moulin a appelé à des investissements massifs dans la décarbonation et l’adaptation climatique. Il a souligné que le secteur financier doit jouer un rôle clé dans cette transition, en mobilisant des ressources privées pour soutenir les efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Les deux tiers des départements français étaient placés en vigilance orange pour canicule le 20 juin 2026, avec des pointes attendues à 40°C, en particulier sur l’ouest et le centre du pays. Ces conditions extrêmes soulignent l’urgence d’agir pour protéger l’économie française et européenne des impacts du changement climatique.