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8 juin 2026

Collaboration entre start-up et grands groupes : une dynamique européenne en émergence

Les start-up françaises, autrefois considérées comme de petites sœurs turbulentes, sont désormais des acteurs majeurs de l'innovation. Découvrez comment elles collaborent avec les grands groupes pour transformer l'écosystème technologique.

Collaboration entre start-up et grands groupes : une dynamique européenne en émergence

Dans le paysage économique français, une transformation silencieuse mais profonde est en marche. Les start-up autrefois perçues comme de petites sœurs turbulentes des grands groupes industriels sont devenues des acteurs incontournables de l’innovation. Cette évolution, longtemps ignorée, commence enfin à être reconnue par les conseils d’administration.

Paul-François Fournier, directeur exécutif innovation de Bpifrance souligne que l’opposition entre start-up et grands groupes est désormais stérile. Les start-up représentent aujourd’hui plus de 20 % de la recherche et développement (R&D) en France, un chiffre qui a doublé en moins de dix ans. Pendant ce temps, les grands groupes peinent à maintenir le rythme, leurs processus internes étant mal adaptés à l’effervescence de l’innovation de rupture.

La convergence des mondes

La solution ne réside pas dans un choix exclusif entre les deux mondes, mais dans leur convergence. Dans son livre Innovation² Paul-François Fournier propose un processus structuré de collaboration, allant de la prise de participation minoritaire jusqu’à l’acquisition, en passant par le partenariat et le corporate venture. Ce modèle, inspiré notamment du secteur des biotechs pourrait permettre aux grands groupes de s’adapter plus rapidement aux changements technologiques.

Les grands groupes français investissent environ 20 à 25 milliards d’euros par an en R&D. Si seulement 20 % de ces investissements étaient réorientés vers l’acquisition et la prise de participation dans des start-up, cela représenterait environ 5 milliards d’euros supplémentaires injectés dans l’écosystème. Ce montant viendrait compléter les 8 milliards d’euros du capital-risque français alimentant

Les défis culturels et financiers

Cependant, cette transformation ne se fera pas sans obstacles. Les grands groupes ont longtemps considéré les start-up comme de simples fournisseurs, et non comme des partenaires stratégiques. Les incubateurs internes, comme Léonard chez Vinci ont contribué à changer les mentalités, mais ils ne suffisent pas à rapatrier la valeur technologique. Pour Paul-François Fournier, la clé réside dans la prise de participation, qui permet de récupérer la technologie développée.

Au-delà des frontières françaises, une dynamique européenne inédite émerge. Depuis deux ans, les échanges se multiplient avec les homologues allemands, italiens, néerlandais, et avec la Commission européenne. Bpifrance investit désormais dans quelques entreprises européennes, comme le Finlandais Einstein Telescope dans les satellites, et pousse les fonds français à s’internationaliser. L’UE, de son côté, confie à EQT un fonds de 5 milliards dédié aux scale-up.

La finance durable: un enjeu majeur

Parallèlement à cette transformation, la finance durable connaît un tournant. Après des années de croissance, l’étiquette verte ne suffit plus. Les risques climatiques et énergétiques n’ont pas disparu pour autant. Le Canada, particulièrement exposé, voit son économie et sa Bourse de Toronto fortement dépendantes des ressources naturelles, de l’énergie, du transport, des banques et des assureurs.

Les investisseurs commencent à réaliser que les enjeux environnementaux ne sont pas éloignés de leurs REER ou CELI. Une entreprise mal préparée aux changements climatiques peut effectivement faire face à des coûts d’assurance ou d’énergie plus élevés, à des actifs dévalorisés, à des litiges et à de nouvelles règles plus sévères. Ces facteurs peuvent tous influencer la rentabilité d’une société et son rendement en bourse.

Malgré l’intérêt croissant pour l’investissement responsable, les investisseurs ne pensent pas toujours à en parler avec leur conseiller financier. De plus, les informations nécessaires pour mesurer correctement ces risques sont souvent difficiles à trouver. Les régulateurs financiers pourraient en faire beaucoup plus pour exiger des sociétés cotées en bourse d’expliquer en quoi leur modèle d’affaires répond à la transition énergétique en cours.