Depuis plusieurs années, les Français manifestent une vigilance jamais atteinte vis-à-vis de leurs économies. 81 % d’entre eux expriment une crainte profonde pour la retraite34 % s’intéressent de nouveau aux placements en actions – le plus haut niveau depuis huit ans – et 39 % déclarent vouloir augmenter leur capacité d’épargne. Cette conjoncture a généré une explosion de la demande de conseil pourtant la moitié seulement estime être correctement accompagnée par son établissement bancaire.
Parallèlement, le réseau traditionnel subit une contraction visible: 5 000 agences ont fermé en dix ans les équipes sont débordées et les rendez-vous annuels ont largement disparu. Le modèle de relation de conseil s’est transformé en une logique de simple service transactionnel laissant la plupart des épargnants sans interlocuteur capable de transformer leurs interrogations en stratégies personnalisées.
L’inquiétude grandissante des ménages français
Le contexte de réformes successives des retraites alimente un sentiment d’incertitude qui pousse les épargnants à prendre les rênes de leur futur financier. L’augmentation du nombre de personnes cherchant à investir en actions – un pic inédit depuis huit ans – témoigne d’une volonté de diversifier les sources de revenu et de compenser les faiblesses du système par répartition. Cette évolution se reflète également dans l’objectif affiché par 39 % des Français d’accroître leur épargne de précaution, signe d’une stratégie de résilience face aux aléas économiques.
Le désengagement des banques traditionnelles
En 2025, seulement 23 % des Français se tournent encore vers un conseiller bancaire pour leurs placements, contre 27 % l’an précédent. Chez les moins de 25 ans, ce taux chute à 16 %. Cette désintermédiation ne se limite pas aux canaux numériques: les conseillers en gestion de patrimoine indépendants (CGP) rapportent une hausse de 67 % de leur clientèle en un an, illustrant une migration vers des acteurs plus agiles et davantage centrés sur le client.
Transmission massive et nouveaux acteurs
Les prévisions annoncent qu’en 20409 000 milliards d’euros seront transférés aux Millennials et à la Génération Z. Pourtant, 8 héritiers sur 10 prévoient de quitter la banque de leurs parents dans les deux ans suivant la succession. Cette dynamique ouvre la porte à des plateformes comme Finary ou RockFi qui séduisent la “Next Gen” grâce à une expérience digitale fluide, l’accès à des placements alternatifs et une transparence totale. Ces critères supplèrent la notoriété traditionnelle et mettent en évidence une fracture entre les attentes des jeunes et l’offre actuelle des établissements bancaires.
Comment les banques peuvent regagner la confiance
Les institutions disposent d’un capital informationnel inégalé – revenus, projets, profils de risque – mais peinent à le convertir en conseil personnalisé. La réponse réside dans la création de plateformes serviciel intégrant simulateurs de retraite en temps réel, avantages concrets et modules d’éducation financière. L’objectif n’est plus de pousser un produit, mais d’assumer le rôle de partenaire de vie capable d’accompagner chaque étape, de l’achat d’une première résidence à l’optimisation fiscale du foyer. En investissant dans une relation client réellement proactive, les banques peuvent transformer leur atout de données en levier de différenciation durable.



