La France fait face à une saison d’incendies d’une ampleur inédite. Avec plus de 116 000 hectares brûlés et 13 776 départs de feu recensés depuis le début de l’année, l’été 2026 bat tous les records. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez a souligné lors d’un point presse le 27 juillet que cette situation est exceptionnelle et dépasse largement les chiffres de 2026, année déjà marquée par des incendies majeurs.
Face à cette crise, le gouvernement assure avoir renforcé ses moyens de lutte. Cependant, les critiques pleuvent, notamment de la part des syndicats de sapeurs-pompiers et de l’opposition politique, qui dénoncent un manque de moyens. Cette polémique s’intensifie alors que les incendies continuent de ravager le pays, notamment en Gironde où 2 500 pompiers sont actuellement mobilisés.
Les moyens déployés par le gouvernement
Le ministre de l’Intérieur a assuré que le gouvernement s’était préparé à cette situation, tirant les leçons des incendies de 2026. Il a mentionné que 51 colonnes de sapeurs-pompiers sont constituées cette année au niveau national, un chiffre bien supérieur à celui des années précédentes. De plus, une enveloppe de 150 millions d’euros a été allouée dans le cadre du Pacte Capacitaire pour l’achat de matériel, permettant l’acquisition de 140 engins déployés sur le terrain.
Laurent Nuñez a également souligné que la flotte aérienne de la Sécurité civile a été renforcée, avec 12 Canadair8 Dash et des appareils supplémentaires loués en renfort. Il a rejeté les critiques sur le manque de moyens, affirmant que le budget de la flotte aérienne avait augmenté de manière significative. Cependant, des voix s’élèvent pour dénoncer une flotte sous tension, avec des appareils régulièrement immobilisés pour maintenance.
Les critiques des syndicats et de l’opposition
Malgré les assurances du gouvernement, les syndicats de sapeurs-pompiers dénoncent des ressources insuffisantes. David Saquet porte-parole de l’UNSA-Sapeurs-pompiers a rappelé que les Sdis et collectivités sont à bout de souffle. De son côté, Brocardi porte-parole de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France appelle à simplifier l’engagement des sapeurs-pompiers volontaires.
L’opposition politique, notamment La France insoumise et le Rassemblement national a accusé l’exécutif d’avoir annulé la commande de deux appareils en 2026. La porte-parole du gouvernement, Maud Brégeon a dénoncé ces critiques, affirmant que les moyens terrestres et aériens ont été massivement augmentés depuis 2017. Elle a également souligné que le budget de la sécurité civile a quasiment doublé depuis l’élection d’Emmanuel Macron.
Les défis futurs et les craintes des pompiers
La Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France craint une amnésie collective à la rentrée 2026, avec un risque que les leçons de cette saison d’incendies soient oubliées. Le porte-parole de la Fédération a souligné l’importance de marteler les enseignements tirés de cette crise pour éviter une répétition des mêmes erreurs.
Les incendies de 2026 ont également révélé des territoires auparavant moins exposés, comme la forêt de Fontainebleau où des Canadair ont été déployés pour la première fois en Île-de-France. Cette situation illustre une évolution nette du risque incendie, capable de toucher des zones jusqu’alors épargnées. Les besoins ne concernent pas seulement les avions bombardiers d’eau, mais aussi les hélicoptères et les mécanismes européens de protection civile.



