La Silicon Valley est le théâtre d’une nouvelle bataille judiciaire entre deux géants de la technologie: Apple et OpenAI. Cette fois, la confrontation va bien au-delà d’une simple rivalité commerciale. Elle touche au cœur même de l’innovation technologique et des pratiques de recrutement dans le secteur.
Apple a récemment déposé une requête devant un tribunal fédéral à San Jose, accusant OpenAI d’actes répétés de vol délibéré de ses secrets industriels. La firme de Cupertino demande l’arrêt immédiat de l’utilisation par OpenAI de ces informations confidentielles et la fouille des ordinateurs du créateur de ChatGPT.
Un partenariat qui a mal tourné
Jusqu’à récemment, Apple et OpenAI entretenaient une collaboration technologique. ChatGPT est intégré aux produits Apple depuis 2026. Cependant, la relation s’est détériorée lorsque OpenAI a annoncé son intention de se lancer dans le hardware avec le développement de ses premiers objets connectés, notamment une enceinte connectée sans écran conçue avec le studio de Jony Ive.
Pour Apple, la situation est critique. La firme affirme qu’OpenAI ne saurait être autorisé à utiliser ses secrets pour prendre une avance indue dans cette compétition. Selon la plainte initiale, plus de 400 anciens employés d’Apple travaillent aujourd’hui chez OpenAI, un chiffre qui illustre l’ampleur du phénomène de débauchage dénoncé par la marque à la pomme.
Les accusations et les défenses
Apple ne se limite plus à évoquer le simple débauchage de salariés. Elle accuse désormais OpenAI d’actes répétés de vol délibéré. Les avocats d’Apple insistent sur l’urgence d’une injonction, estimant que le préjudice se produit en ce moment même. Chaque jour sans décision judiciaire permet à OpenAI d’incorporer un peu plus d’informations confidentielles dans le développement de ses appareils.
OpenAI, de son côté, a répliqué en demandant l’abandon de poursuites qu’elle juge sans fondement. Les avocats d’OpenAI qualifient la plainte d’Apple de pourrie jusqu’au trognon et accusent Apple de vouloir utiliser une plainte prétexte pour compenser ses difficultés à recruter et à retenir ses employés.
Les dessous de l’affaire
La plainte d’Apple vise notamment deux anciens employés: Chang Liu, ancien ingénieur iPhone, et Tang Tan, ex-vice-président du design, aujourd’hui directeur du matériel chez OpenAI. Apple reproche à Tang Tan d’avoir utilisé le nom de code interne d’un produit non annoncé pour soutirer des informations à des candidats lors de recrutements.
OpenAI se défend en affirmant qu’il s’agit de pratiques ordinaires du secteur. Selon ses avocats, Tang Tan a répété à ses recrues et à son équipe de ne pas apporter ni divulguer d’informations confidentielles de leurs anciens employeurs. OpenAI retourne également l’accusation, reprochant à Apple d’avoir mal protégé ses propres données.
Un contexte de concurrence exacerbée
Pour convaincre le juge de l’urgence, les avocats d’Apple ont versé au dossier un article décrivant les détails ayant fuité sur le premier appareil d’OpenAI: une enceinte connectée sans écran, conçue avec le studio de Jony Ive. Selon les informations, l’objet aurait la forme circulaire d’un donut, la taille d’un palet de hockey et coûterait entre 300 et 400 dollars, pour un lancement prévu en 2027.
L’affaire intervient à un moment crucial pour OpenAI, qui prépare son entrée en Bourse sur la base d’une valorisation de quelque 852 milliards de dollars. Le juge fédéral Edward J. Davila examinera le 1er octobre les requêtes des deux adversaires.



