Le marché automobile français a connu en septembre une dynamique sans précédent. Les immatriculations de voitures électriques représentent 42 % de l’ensemble des nouvelles ventes, un record qui place le secteur au même niveau que les véhicules hybrides (43 %). En parallèle, le segment diesel a connu une chute de 62 % par rapport à l’année précédente, ne détiennent plus que 2 % du total avec seulement 2 412 unités commercialisées. Cette inversion brutale s’explique par le durcissement de la fiscalité et les prix du carburant qui ont atteint des niveaux records en raison des tensions géopolitiques au Moyen-Orient.
Une progression globale portée par les incitations publiques
Le rebond des ventes totales de voitures neuves s’établit à +11,6 % sur un an, avec 156 629 immatriculations en septembre. Ce gain provient surtout de la forte hausse des motorisations électriques et hybrides, tandis que les véhicules à essence reculent de 39 % et ne représentent que 10 % du marché (16 391 unités). Le leasing social et le dispositif de bonus certificats d’économies d’énergie (CEE) ont été cités comme le premier moteur de cette dynamique par Marie-Laure Nivot, responsable de l’analyse du marché automobile chez AAA Data. Les particuliers, qui composent 57 % du volume total, détiennent 47 % des parts de marché des véhicules électriques.
Le rôle pivot des aides à l’achat
La Plateforme automobile (PFA) souligne que les aides publiques sont indispensables pour « faire en sorte que le marché (de l’électrique) s’installe ». Elle avertit toutefois que cette dynamique reste fortement tributaire de ces soutiens: sans les subventions, le secteur ne serait probablement pas aussi performant. Les incitations financières permettent aux consommateurs d’accéder à des véhicules à zéro émission, réduisant Cette dépendance crée néanmoins une certaine fragilité, car l’évolution des politiques publiques pourrait rapidement affecter les ventes.
Performances des constructeurs et émergence des marques chinoises
Parmi les constructeurs, Tesla se démarque avec la Model Y, quatrième modèle le plus vendu en France entre janvier et septembre toutes motorisations confondues, et premier modèle électrique sur la période. Malgré des difficultés l’an dernier liées aux prises de position de son PDG Elon Musk et à la concurrence croissante, Tesla a réalisé une hausse de 61,9 % de ses immatriculations en septembre par rapport à l’année précédente. Le modèle Y représente à lui seul 5,8 % du total des ventes du mois.
Les marques chinoises gagnent également du terrain: elles représentent 8 % des ventes toutes motorisations confondues en septembre et 7 % des ventes de véhicules électriques. BYD et XPENG, parmi les plus actives, illustrent cette implantation progressive du véhicule chinois sur le marché français.
Perspectives à moyen terme
Sur les neuf premiers mois de 2026, le parc de voitures neuves a atteint 1 234 952 unités, soit +4,06 % sur un an. La part de marché de l’électrique se maintient à 31 % depuis le début de l’année, traduisant une progression annuelle de +108 % pour le segment. Si les politiques d’incitation demeurent, le basculement vers les motorisations propres devrait se consolider, mais toute modification fiscale ou tarifaire pourrait rapidement inverser la tendance actuelle.



