Aller au contenu
15 octobre 2026

Plan de La France Insoumise pour réduire déficit et dette publique

Jean‑Luc Mélenchon détaille un contre‑budget ambitieux qui combine hausse des recettes, suppression comptable de dette et mesures sociales pour redonner du pouvoir d’achat.

Plan de La France Insoumise pour réduire déficit et dette publique

Le mercredi 14 octobre 2026, le chef de file de La France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a tenu une conférence de presse à Paris pour dévoiler les grandes lignes de son contre-budget 2027. Accompagné d’Éric Coquerel, il a indiqué que, en cas de victoire aux élections présidentielles d’avril et aux législatives qui suivront, son équipe proposerait un projet de loi de finances rectificative. Cette initiative s’inscrit dans la continuité de la philosophie économique du parti, qui allie relance de la consommation et réduction du déficit.

Pour Mélenchon, les comptes publics sont le reflet d’une politique des deux dernières décennies, marquée, selon lui, par un « appauvrissement méthodique » du rôle de l’État sous le macronisme. Il estime que la dette accumulée – plus de mille milliards d’euros – doit être traitée à la fois comme un fardeau et comme un levier de justice sociale. Le contre-budget présenté aujourd’hui vise à inverser cette dynamique.

Principes généraux du contre-budget insoumis

Le texte dévoilé repose sur trois piliers: une augmentation nette des recettes publiques, une diminution ciblée des dépenses obligatoires, et la mise en place d’une politique de relance pour soutenir le pouvoir d’achat. Selon la députée Clémence Guetté, vice-présidente de l’Assemblée nationale, le plan prévoit 108 milliards d’euros de recettes contre 80 milliards d’euros de dépenses pour la première année, ce qui permettrait de réduire le déficit sans recourir à des coupes généralisées dans les services publics.

Un déficit réduit grâce à la fiscalité progressive

Le dispositif s’appuie sur deux nouvelles taxes majeures. La première, qualifiée d’impôt sur la fortune climatique cible les patrimoines supérieurs dont la consommation énergétique dépasse un seuil fixé par l’État. La seconde, la taxe Zucman s’inspire des propositions de l’économiste Thomas Zucman et vise les très grandes fortunes Mélenchon affirme que ces prélèvements généreront plus de 106 milliards d’euros de recettes supplémentaires.

Annulation partielle de la dette et mesures sociales

Parmi les mesures les plus symboliques, le chef de la France Insoumise propose d’effacer, à titre purement comptable une partie de la dette détenue par la Banque centrale européenne (BCE). Il décrit cela comme « un trait à rayer », insistant sur le fait que cela ne représente pas une remise en cause de la crédibilité de la France, mais un moyen de libérer des ressources pour les dépenses publiques.

Sur le plan social, le programme prévoit une hausse de 10 % des rémunérations des fonctionnaires, L’objectif affiché est de renforcer le purchasing power des ménages, en particulier ceux qui se trouvent dans la tranche de revenu la plus vulnérable.

Chiffrage et mise en œuvre concrète

Le contre-budget se veut réaliste tout en étant ambitieux. En plus des deux taxes évoquées, Mélenchon envisage de rétablir la contribution exceptionnelle sur les grandes entreprises, qui avait été réduite par le ministre Lecornu. Selon les porte-paroles du parti, ces mesures, combinées à une meilleure lutte contre la fraude fiscale, permettront d’atteindre l’objectif de réduire le déficit à 5 % dès la première année du mandat.

Enfin, Mélenchon rappelle que le projet de loi de finances rectificative ne sera pas un document figé; il pourra être amendé par le Parlement une fois les élections législatives remportées. L’idée est de créer un cadre budgétaire flexible, capable de répondre aux exigences de justice sociale tout en préservant la stabilité macro-économique.