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27 juillet 2026

Canadair indisponibles : un pilote dénonce l’inefficacité face aux feux dévastateurs

Avec seulement cinq Canadair disponibles sur douze, la lutte contre les incendies en France est sérieusement compromise. Un pilote révèle les défis majeurs auxquels font face les pompiers.

Canadair indisponibles : un pilote dénonce l'inefficacité face aux feux dévastateurs

Les incendies qui ravagent actuellement la France mettent en lumière les lacunes criantes des moyens aériens de lutte contre les feux. Avec seulement cinq des douze Canadair disponibles, les pompiers sont contraints de faire face à des feux d’une ampleur inédite avec des ressources insuffisantes.

Grégory Prats, commandant de bord Canadair et chef de noria, a exprimé son désarroi face à cette situation. « À chaque fois qu’il y a un feu, il faut diviser nos forces par le nombre de feux, ce qui rend nos interventions insuffisantes », a-t-il déclaré. Selon lui, l’action des Canadair est « pratiquement totalement inefficace » avec seulement deux avions par feu, alors qu’il en faudrait au moins quatre.

Des avions vieillissants et des problèmes de maintenance

Les problèmes ne se limitent pas au nombre de Canadair disponibles. La flotte française, dont certains appareils datent de 1995, est vieillissante et nécessite des réparations fréquentes. Grégory Prats souligne que l’industriel privé chargé de la maintenance ne parvient pas à suivre le rythme, en particulier en cette année exceptionnelle marquée par des feux d’une puissance énorme.

« Les pièces détachées n’arrivent pas en temps et en heure », regrette-t-il. Cette situation critique est aggravée par le fait que les avions sont entretenus correctement durant une année normale, mais que les pièces cassent plus fréquemment en période de crise, retardant

Des moyens aériens insuffisants face à l’ampleur des feux

Face à l’ampleur des incendies, les moyens aériens disponibles sont clairement insuffisants. Grégory Prats a souligné que les Canadair ne peuvent pas intervenir efficacement sur tous les feux simultanément. « On se retrouve avec des norias, des patrouilles d’avions, qui sont insuffisantes », a-t-il déploré.

Pour illustrer cette inefficacité, le pilote a mentionné son intervention à Fontainebleau, où il a dû utiliser de l’eau de la Seine, coûteuse à dépolluer, alors que des investissements dans de nouveaux Canadair auraient pu être plus utiles. « Avec 2 milliards d’euros, on peut acheter quinze Canadair et dix ans de maintenance », a-t-il souligné.

L’A400M, un pansement sur une jambe de bois

Le déploiement de l’avion de transport militaire Airbus A400M, annoncé pour le 29 juillet, est perçu comme une solution insuffisante par Grégory Prats. « C’est un pansement sur une jambe de bois », a-t-il estimé. Bien que cet avion puisse emporter 20 tonnes d’eau ou de retardant, ses rotations limitées et sa capacité d’intervention réduite en font une solution inadéquate face à l’ampleur des incendies.

« Il faut raisonner en nombre de tonnes délivrées sur un sinistre à l’heure. Quatre Canadair peuvent délivrer 120 tonnes à l’heure, contre seulement 20 tonnes pour l’A400M toutes les heures ou toutes les heures et demie », a-t-il expliqué. Cette situation laisse les pompiers dans une position désespérée, contraints de prioriser la protection des personnes et des biens plutôt que la végétation.

Face à cette crise, les questions sur la préparation de l’État et le financement de la sécurité civile se multiplient. Les syndicats de pompiers ont exprimé leur mécontentement face au manque de moyens et à la lenteur des réformes promises. La situation actuelle met en lumière l’urgence de renforcer les moyens aériens et de moderniser la flotte de Canadair pour faire face aux feux de plus en plus dévastateurs.