Aller au contenu
30 septembre 2026

Dette des États-Unis : pourquoi 40 000 milliards inquiètent les marchés

La dette américaine atteint un sommet historique, alimentée par un endettement quotidien, des prêts étrangers et une flambée des taux d’intérêt qui menace plusieurs secteurs.

Dette des États-Unis : pourquoi 40 000 milliards inquiètent les marchés

Depuis le basculement du dollar en monnaie fiduciaire en 1971, les États-Unis ont pu financer leurs déficits en empruntant à coût très bas. Aujourd’hui, la dette fédérale franchit la barre des 40 000 milliards de dollars et s’accroît d’environ 7 milliards de dollars chaque jour. Cette dynamique, amorcée avant même le premier mandat de Donald Trump, s’est accélérée sous les différentes administrations, réduisant progressivement l’espace de manœuvre du prochain président.

Un endettement soutenu par les investisseurs étrangers

Les détenteurs de la dette américaine ne sont pas uniquement des Américains. Les investisseurs étrangers possèdent près de 9 000 milliards de dollars d’obligations du Trésor. Le Japon constitue un exemple emblématique: grâce à sa politique ZIRP (Zero Interest Rate Policy), la Banque du Japon prête à quasi-zéro, et les fonds Un effondrement du yen pourrait inciter ces acteurs à liquider leurs positions, entraînant un possible krach du marché obligataire américain.

Hausse des taux et répercussions sur l’économie réelle

Le rendement du Treasury à 30 ans a atteint 5,54 % au 25 septembre, contre moins de 1 % en 2020. Cette remontée reflète la fin de la période de taux ultra-bas et alimente des tensions dans plusieurs secteurs. Dans l’immobilier, le taux hypothécaire moyen s’élève désormais à près de 7,5 %, doublant pratiquement le paiement mensuel moyen et décourageant l’achat de logements neufs. Le secteur bancaire n’est pas épargné: la faillite de Nano Banc en Californie illustre la pression croissante sur les établissements exposés aux prêts à long terme. Même les entreprises liées à l’intelligence artificielle, qui financent leurs projets via des obligations à long terme, voient leurs coûts d’emprunt augmenter fortement.

Les réponses du Trésor: le « Treasury Twist » de Scott Bessent

Pour freiner la montée des rendements, le Trésor a lancé en septembre une série d’interventions qualifiées de Treasure Twist par Scott Bessent, directeur du fonds Marshall Wace. Le plan consiste à racheter massivement des obligations à 30 ans tout en émettant davantage de titres à courte maturité. Malgré trois opérations en six jours, le volume acheté (4 à 6 milliards de dollars) reste marginal face aux 70 milliards de dollars de bons à 7 ans récemment émis. Le mentor de Bessent, Stanley Druckenmiller, a critiqué la manœuvre, soulignant la difficulté de modifier les attentes des investisseurs quand la confiance en la capacité de remboursement diminue.

En fin de compte, la structure de la dette américaine montre que seulement 22 % des titres arrivent à échéance en moins d’un an, ce qui laisse un levier possible de raccourcissement de la maturité globale. Cependant, tant que les déficits budgétaires restent élevés – le gouvernement dépense environ 1,33 dollar pour chaque dollar de recettes – il sera ardu de restaurer une trajectoire d’équilibre budgétaire. Le monde commence à diversifier ses placements, privilégiant les actions américaines au détriment de la dette souveraine, signe que la confiance en la solidité du Trésor se fissure.