Le groupe minier Eramet a annoncé une opération d’augmentation de capital de 500 millions d’euros, prévue pour le quatrième trimestre 2026. Cette opération vise à redresser la situation financière de l’entreprise, à renforcer ses fonds propres et à garantir le respect des engagements bancaires. Elle bénéficie du soutien des actionnaires de référence et offre aux détenteurs du flottant la possibilité de souscrire via leurs Droits Préférentiels de Souscription (DPS).
Au cœur de la manœuvre, l’Agence des Participations de l’État (APE) a déclaré son intention de souscrire à la fois à sa quote-part actuelle, estimée à 27 %, et à la part détenue par la famille Duval, qui représente 37 % du capital. Après cette opération, l’APE deviendra le premier actionnaire du groupe, marquant une étape décisive pour la souveraineté industrielle française.
Fonds d’État et nouvelle gouvernance d’Eramet
Le renforcement du capital par l’État s’inscrit dans le cadre d’un plan de financement présenté en février 2026. La PDG d’Eramet, Christel Bories a souligné que cette levée est incontournable pour garantir la pérennité financière et poursuivre les projets stratégiques de la société. Le ministre de l’Économie, Roland Lescure a rappelé l’engagement de la France à soutenir les acteurs clés du secteur des métaux critiques, aux côtés d’autres actionnaires comme Sorame-CEIR tout en restant ouvert à de nouveaux partenariats.
Par ailleurs, la famille Duval, historique actionnaire depuis le mariage avec Aubert & Duval en 1999, cède progressivement sa place, ouvrant la voie à une gouvernance plus alignée sur les priorités nationales. Cette transition se traduit par une participation accrue de l’État, qui pourra influencer les décisions liées aux projets d’exploration et de raffinage à l’échelle mondiale.
Enjeux géopolitiques et stratégie française des métaux critiques
Le contexte international pousse la France et l’Union européenne à réduire leur dépendance vis-à-vis de la Chine qui domine aujourd’hui la production et le raffinage de nombreux métaux critiques comme le lithium, le nickel, le cobalt, le manganèse ou le graphite. Les programmes publics lancés depuis plusieurs années visent à soutenir l’ensemble de la chaîne de valeur, de l’extraction à la transformation, afin d’assurer un approvisionnement sûr et responsable.
En investissant massivement dans Eramet, l’État espère non seulement sécuriser les matières premières indispensables aux technologies vertes, mais aussi créer des synergies avec d’autres projets européens, renforcer la compétitivité industrielle et encourager l’innovation locale. Selon le ministre des Finances, cet appui « renouvelle la volonté de la France de maîtriser les ressources stratégiques et de soutenir la transition énergétique ».



