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25 septembre 2026

Sous-rémunération des médecins, heures sup’ et guide financier

Une majorité de médecins se sent sous‑rémunérée, tandis qu’un urgentologue a lancé un site pour les aider à maîtriser leurs finances.

Sous-rémunération des médecins, heures sup' et guide financier

En 2026, la question du revenu des praticiens revient au premier plan, alimentée par l’inflation et le coût croissant du logement. Tandis que les États-Unis voient émerger des plateformes d’aide financière pour les docteurs, la France fait face à un mécontentement généralisé: plus de sept médecins sur dix n’estiment pas être payés à leur juste valeur.

Rémunération perçue comme insuffisante chez les médecins français

Un sondage réalisé entre le 2 mars et le 1er juillet 2026 auprès de 944 médecins a montré que 70 % des répondants considèrent que leur salaire ne reflète pas la valeur de leur travail. Le sentiment est encore plus marqué chez les jeunes actifs: 80 % des médecins de moins de 45 ans estiment leurs revenus inadéquats, contre 68 % des plus âgés. Cette mécontentement grandit alors même que le temps de travail déclaré augmente, un tiers des participants signalant plus d’heures en 2025 qu’en.

Heures supplémentaires non rémunérées et charge administrative

Le questionnaire souligne également que les praticiens consacrent en moyenne plus de neuf heures par semaine à des tâches qui ne relèvent pas directement de la prise en charge des patients: administration, réunions, recherche, enseignement ou revue de la littérature. Chez les médecins hospitaliers, ce chiffre s’élève à douze heures et un médecin sur dix dédie plus de 25 heures hebdomadaires à ces activités. Malgré cela, seulement un quart des médecins déclarent être rémunérés pour ce temps supplémentaire, avec un contraste de 36 % dans le secteur hospitalier contre 8 % en libéral. Un généraliste de 63 ans a même qualifié ce phénomène d’« travail administratif non rémunéré », alors que la plupart des professions n’offrent pas ce fardeau sans compensation.

Rémunération des gardes et fiscalité perçue comme excessive

Parmi les plaintes, les gardes, astreintes et heures supplémentaires sont jugées mal payées. Un médecin de 54 ans spécialisé en réadaptation a dénoncé une indemnité de 422 € brutes pour les gardes de nuit et de week-end, la jugeant « indécente ». Une psychiatre de 52 ans demande une revalorisation des gardes. En outre, trois médecins sur cinq estiment que la fiscalité qui pèse sur leurs revenus est trop lourde, alors que seulement un tiers la considère comme équitable.

Le modèle américain: Jim Dahle et The White Coat Investor

À l’autre bout de l’Atlantique, un urgentiste nommé Jim Dahle a vécu une prise de conscience pendant sa résidence à Tucson, après avoir découvert que son conseiller financier prélevait à la fois des honoraires de conseil et des commissions sur les actions achetées. « Je pensais simplement payer pour du conseil », rappelle-t-il. Cette expérience l’a poussé à s’auto-former en finance, achetant des livres d’occasion et développant une passion pour la gestion de patrimoine. Après plusieurs années de formation autodidacte, il a créé le site The White Coat Investor destiné à aider les médecins à éviter les erreurs financières courantes.

Le site, lancé après que Jim et son épouse Katie aient quitté leurs premiers postes, a rapidement attiré une audience de médecins en quête de conseils simples et transparents. En quelques années, il s’est transformé en une plateforme multimédia incluant podcasts, chaîne YouTube, newsletters, livres et séminaires de formation continue. Le modèle s’appuie sur le principe que les médecins, souvent très compétents sur le plan clinique, manquent de connaissances en finance personnelle et en investissement. Jim cite que 50 % des médecins déclarent être en situation de burnout, suggérant que la maîtrise de leurs finances pourrait les libérer de charges de travail excessives et réduire le stress.

L’objectif affiché reste le même: permettre aux cliniciens de « se concentrer sur ce qui compte vraiment » – leurs patients, leur famille et leur bien-être – en retirant le poids du dilemme financier. Cette initiative montre qu’au-delà des revendications salariales, l’accès à une éducation financière adaptée constitue une réponse concrète aux défis quotidiens des médecins.