Aller au contenu
3 novembre 2026

Hausse du prix du carburant et risques électoraux pour Trump

Le carburant chère menace le pouvoir d'achat et risque de coûter cher à Trump aux midterms.

Hausse du prix du carburant et risques électoraux pour Trump

Le 3 novembre 2026, plus de 210 millions d’Américains seront appelés aux urnes pour les élections de mi-mandat. Parmi les multiples enjeux, l’économie s’impose comme le critère décisif pour 84 % des votants, selon le Pew Research Center. La flambée du prix du carburant, conséquence directe de la tension géopolitique avec l’Iran, se retrouve au cœur des inquiétudes, surtout dans les États du Midwest, bastions traditionnels du Parti républicain.

Une explosion des tarifs à la pompe

Depuis le 28 février, le diesel, aliment des camions et des tracteurs, a vu son prix passer de 3,67 $ le gallon à 6,29 $, soit une hausse de 71 %. L’essence, quant à elle, a crû de 40 % pour atteindre 4,17 $ le gallon. Ces niveaux rejoignent les sommets de la crise énergétique de 2022 et restent légèrement en dessous du record de juillet 2008, où le prix moyen était de 6,18 $ (essence) et 7,26 $ (diesel). En termes de pouvoir d’achat, un plein nécessitait alors près de 7 heures de travail au salaire médian; aujourd’hui, il faut un peu plus de 4 heures, mais la mémoire collective des électeurs ne remonte généralement que neuf mois en arrière, rendant la hausse actuelle particulièrement sensible.

Conséquences politiques pour Donald Trump

Face à cette hausse du carburant, le président Donald Trump a tenté de limiter l’impact en levant les sanctions sur les hydrocarbures russes, une mesure jugée controversée. Le prix supplémentaire représente en moyenne 65 $ de dépense mensuelle par ménage, selon l’Urban Institute, avec des écarts marqués : +110 $ dans le Wyoming contre +44 $ à New York. Au total, la surcharge estimée dépasse les 150 milliards de dollars pour les foyers américains. L’économiste Mark Zandi (Moody’s Analytics) avance que chaque ménage paie près de 2 000 $ supplémentaires depuis le conflit, 1 100 $ attribués aux énergies, 540 $ aux taux d’intérêt et 360 $ aux coûts militaires. Cette augmentation, perçue comme une taxe implicite, risque de devenir le boulet électoral qui fera basculer les votes républicains, à l’image du rejet des hausses d’impôt subies par les Démocrates en 2024.

Taxes sur les fortunes : de la Californie à la France

Parallèlement aux inquiétudes américaines, plusieurs juridictions envisagent des taxes sur les très riches pour financer la santé et l’éducation. En Californie, l’économiste Gabriel Zucman propose une taxe unique de 5 % sur le patrimoine des 250 milliardaires de l’État, visant à récolter près de 100 milliards de dollars sur cinq ans. En France, un projet similaire, axé sur les successions supérieures à 4 millions d’euros, devrait générer 12,7 milliards d’euros pour réduire les effectifs dans les classes, augmenter les salaires des enseignants et ouvrir 120 000 places d’études supérieures. Thomas Piketty, quant à lui, milite pour un « impôt de solidarité nationale » pouvant rapporter jusqu’à 800 milliards d’euros, avec un taux de 50 % au-delà de 100 millions d’euros d’enrichissement. Ces initiatives, bien que controversées, illustrent la recherche d’une solution fiscale pour atténuer les inégalités et soutenir les services publics.

Un aperçu belge du poids des impôts

En Belgique, les deux prélèvements les plus lucratifs restent l’impôt sur les personnes physiques (IPP), qui représente 22 % du budget étatique avec 67 milliards d’euros, et la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), qui apporte 47 milliards d’euros, soit 15 % des recettes. La TVA s’applique à 6 %, 12 % ou 21 % selon les biens, affectant chaque achat quotidien – 12 centimes sur un pain à 2 €, 8,50 € sur un jean à 50 €. Cette double source de financement souligne le rôle central de la fiscalité dans le maintien des services publics et la redistribution des richesses.