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20 octobre 2026

CAC 40 chute, spread français grimpe après les émeutes du 17

Les émeutes du week‑end déclenchent une forte correction du CAC 40 et font bondir le spread français, compliquant le budget 2027.

CAC 40 chute, spread français grimpe après les émeutes du 17

Les coups de sifflet de la police et les vitrines brisées du week-end du 17 octobre ont plongé les marchés français dans l’incertitude. En moins d’une heure, le CAC 40 a perdu plus d’un pour cent, s’établissant à 7 861,40 points, contre une légère hausse de 0,28 % la veille. Depuis le 1er janvier, l’indice français recule de 2,37 % tandis que le Stoxx 600 progresse de 8,87 %, soulignant un écart de performance notable entre la France et le reste de l’Europe.

Les secteurs les plus touchés sont les constructeurs automobiles, les services financiers et le commerce de détail. Stellantis a chuté de 3,20 %, suivi de près par le gestionnaire de centres commerciaux Unibail-Rodamco-Westfield (-3,05 %) et le groupe hôtelier Accor (-2,84 %). Dans la distribution, Michelin et Carrefour ont respectivement reculé de 2,44 % et 2,29 %. Les banques nationales — Société GénéraleCrédit Agricole et BNP Paribas — ont toutes perdu plus de 2 %, tandis qu’Axa a limité la chute à 1,56 %.

Réaction du marché obligataire: l’écart de rendement atteint un niveau inédit

Le même matin, l’écart de rendement (spread) entre les obligations à dix ans françaises et allemandes s’est élevé à 145 points de base (1,45 %), contre 137 points la veille. Ce différentiel, le plus large depuis la crise de la dette souveraine de 2012, reflète une méfiance grandissante des investisseurs envers la dette hexagonale. Le taux d’emprunt français à dix ans a atteint 4,85 % tandis que le taux allemand restait à 3,41 %, accentuant l’effet de déséquilibre.

Les analystes avertissent que le spread pourrait dépasser les 150 points de base si les tensions sociales et politiques persistent, surtout à l’approche du vote du budget 2027. Le Parlement doit se prononcer mardi sur les recettes, avec une politique d’austérité de 43 milliards d’euros prévue pour redresser les comptes publics.

Conséquences politiques et perspectives de change

Outre la chute des actions, la monnaie unique montre des signes de faiblesse. L’euro a perdu 0,26 % face au dollar américain, cotant à 1,1208 $ l’euro aux premières heures de la séance. Une dépréciation supplémentaire serait possible si les épisodes de violence renforçaient le soutien à des courants eurosceptiques.

Malgré la tendance générale, quelques titres ont résisté. Euronext a progressé de 1,61 %, Capgemini de 1,28 % et TotalEnergies de 0,42 %, indiquant que les grandes entreprises à fort profil international restent perçues comme des valeurs refuges.

Les autorités déclarent avoir procédé à environ 2 400 interpellations, avec près de 1 000 policiers et gendarmes blessés et plus de 2 000 commerces affectés, dont les pertes sont estimées à plusieurs centaines de millions d’euros. Ces chiffres, associés aux incertitudes budgétaires, nourrissent les craintes d’une détérioration supplémentaire du profil de risque de la dette française.