En date du 17 juillet 2026, l’Autorité nationale des jeux (ANJ) a ordonné le blocage complet de Polymarket une plateforme de paris prédictifs en cryptomonnaies, pour les utilisateurs français. Cette décision met fin à une longue bataille réglementaire et soulève des questions sur l’avenir des paris en ligne en France.
Polymarket, basé au Panama, permettait aux utilisateurs de parier sur des événements réels tels que des élections ou des matchs de football. La plateforme était particulièrement populaire parmi les investisseurs en cryptomonnaies, avec jusqu’à 800 000 visites mensuelles depuis la France. Cependant, son activité était considérée comme illégale selon la législation française.
Un bras de fer réglementaire
L’ANJ avait déjà mis en demeure Polymarket en 2026, exigeant le géoblocage des transactions financières depuis la France. Cependant, cette mesure avait été largement contournée par l’utilisation de VPN. Malgré les restrictions, la plateforme continuait d’attirer un grand nombre d’utilisateurs français, avec 578 751 visites et 205 057 visiteurs uniques en juin 2026.
La décision de bloquer complètement l’accès à Polymarket a été motivée par plusieurs facteurs. L’ANJ a souligné que la plateforme faisait la promotion d’une offre illégale de jeux d'argent et de hasard. De plus, des soupçons de paris truqués ont été soulevés après des incidents impliquant des capteurs de température de Météo-France, qui ont enregistré des hausses brutales et improbables coïncidant avec des paris sur Polymarket.
L’enquête sur les paris truqués
Le 4 mai 2026, la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris a ouvert une enquête sur des paris météo potentiellement faussés par le piratage de capteurs. Cette enquête a révélé l’absence totale de dispositif d’identification des utilisateurs de type KYC (Know Your Customer) sur la plateforme, ce qui expose les utilisateurs à divers risques, notamment l’addiction et la fraude.
L’ANJ a également souligné que Polymarket ne disposait d’aucun mécanisme de protection des joueurs vulnérables, contrairement aux sites de jeux d’argent légaux. Cette absence de garde-fous a été un facteur déterminant dans la décision de bloquer la plateforme.
Un contraste frappant avec les États-Unis
Alors que la France et plusieurs autres pays européens ont restreint ou bloqué l’accès à Polymarket, la plateforme continue d’opérer aux États-Unis sous la supervision de la CFTC (Commodity Futures Trading Commission). En 2026, Polymarket a levé 2 milliards de dollars auprès de l’Intercontinental Exchange (ICE) la maison mère du New York Stock Exchange, avec une valorisation alors estimée à 9 milliards de dollars.
Ce contraste entre la répression en Europe et l’acceptation aux États-Unis soulève des questions sur la régulation des marchés prédictifs et des cryptomonnaies. Alors que la France et d’autres pays européens durcissent leur position, les États-Unis semblent adopter une approche plus permissive, permettant à Polymarket de prospérer.
Pour les parieurs français, l’accès à Polymarket se referme précisément au moment où la plateforme n’a jamais valu aussi cher. Cette décision de l’ANJ marque une étape importante dans la régulation des jeux d’argent en ligne en France et pourrait avoir des répercussions sur d’autres plateformes similaires.

