Dans le cadre du projet de loi de finances (PLF) pour 2027, le ministère des Comptes publics a publié une annexe inédite détaillant la part des pensions publiques imputée à chaque ministère. Cette démarche, annoncée en mai par le ministre David Amiel, vise à séparer clairement les dépenses de fonctionnement du service public des coûts liés aux retraites des fonctionnaires. L’objectif affiché est de rendre plus lisibles les effets d’éviction que ces dépenses génèrent sur les moyens alloués aux missions courantes des administrations.
Des chiffres qui frappent
Selon le tableau annexé au PLF, le ministère de l’Éducation nationale voit 32 % de son crédit total – soit 28,5 milliards d’euros sur les 89,1 milliards prévus – affectés au paiement des pensions. Le ministère de l’Intérieur n’est pas en reste, avec 30 % de ses ressources destinées aux retraites. En moyenne, les départs à la retraite représentent environ 13 % du budget de chaque ministère, mais l’échelle varie fortement selon les secteurs.
Pourquoi ce poids ?
Le déséquilibre démographique au sein de la fonction publique explique en grande partie ces ratios. Aujourd’hui, il y a moins d’un cotisant actif pour chaque retraité, contre un ratio de 1,5 dans le privé. Ce phénomène s’accentue avec le vieillissement de la population et la hausse du nombre de contractuels affiliés au régime général, qui ne contribuent pas au régime spécial des fonctionnaires. En 2025, le financement des retraites a coûté à l’État près de 43 milliards d’euros, soit environ 10 % de son budget total.
Réactions à la publication
La mise à disposition de ces données intervient alors que le débat budgétaire est déjà très animé. Le gouvernement les présente comme une preuve de transparence, justifiant Du côté de la classe politique, les voix divergent. Le député Marc Ferracci (Renaissance) évoque « une indignation collective », tandis que le candidat libéral David Lisnard qualifie le rapport d’« énième confirmation » du détournement des moyens publics par les retraites et la bureaucratie.
Impact sur les dépenses d’avenir
Le ministère des Comptes publics rappelle que chaque euro consacré aux retraites ne peut être investi dans les projets d’infrastructure, la recherche ou les programmes éducatifs. Cette logique s’applique de façon similaire à d’autres branches, limitant la marge de manœuvre pour les dépenses d’avenir.
Enjeux pour la campagne présidentielle
Les révélations coïncident avec le lancement de la campagne présidentielle. Plusieurs candidats les utilisent pour alimenter leurs programmes: certains prônent une réforme du système de retraite par répartition intégrale, d’autres proposent d’introduire une part de capitalisation afin d’alléger le fardeau des générations futures. Le sujet, à la croisée de la fiscalité, du vieillissement démographique et des dépenses publiques, devient



