Le secteur de la gestion d’actifs s’oriente de plus en plus vers la tokenisation afin de moderniser les processus traditionnels. Cette tendance s’appuie sur la technologie des registres distribués (Distributed Ledger Technology – DLT) qui permet d’enregistrer numériquement chaque unité d’un placement. En 2026, les acteurs majeurs cherchent à exploiter ces outils pour offrir des règlements plus rapides, réduire les coûts administratifs et créer de nouvelles opportunités de liquidité.
Première classe de parts tokenisée chez Generali Investments
Generali Investments a annoncé le 21 octobre le lancement d’une classe de parts tokenisée liée à un fonds monétaire existant, domicilié au Luxembourg et géré par Generali Asset Management. Il ne s’agit pas d’un nouveau fonds, mais d’une représentation numérique des parts déjà émises, enregistrée sur un registre DLT. L’accès à cette classe est strictement limité aux sociétés autorisées du groupe Generali, excluant pour l’instant les investisseurs institutionnels externes et les particuliers.
Les jetons, ou tokens correspondent à chaque part du fonds et sont créés, transférés et administrés via des smart contracts. Cette automatisation vise à éliminer les rapprochements manuels entre intermédiaires, à accélérer les cycles de souscription et de rachat, et à simplifier le reporting pour les participants.
Enjeux opérationnels et perspectives de la tokenisation
Les avantages attendus sont multiples. Premièrement, la réduction du délai de règlement les transactions pourraient se finaliser en quasi-temps réel, contre plusieurs jours dans les systèmes classiques. Deuxièmement, une expérience entièrement numérique, où la souscription, le rachat et le suivi sont gérés via des interfaces digitales. Troisièmement, une plus grande flexibilité grâce à des fenêtres de passage d’ordre élargies et enfin, la possibilité d’une liquidité accrue via la négociation secondaire des jetons, à condition que le marché secondaire adéquat soit mis en place.
Generali Investments prévoit d’étendre progressivement cette technologie à l’ensemble de sa clientèle. L’objectif est de créer une offre d’investissement tokenisée plus large, tout en générant des gains d’efficacité opérationnelle à long terme. Les économies réalisées pourraient, selon le groupe, être partiellement répercutées sur les frais facturés aux investisseurs.
Le marché des actifs réels tokenisés en pleine expansion
Selon les données de RWA.xyz, le marché des actifs du monde réel tokenisés a atteint 39 milliards de dollars en septembre 2026, soit presque quatre fois sa taille début 2025. Les obligations et les fonds monétaires sont les principaux moteurs de cette croissance, constituant la porte d’entrée privilégiée de la finance traditionnelle vers les environnements numériques. Les analystes estiment que, d’ici le début de la prochaine décennie, ce segment pourrait représenter plusieurs milliers de milliards de dollars, ouvrant la voie à une interconnexion accrue entre finance classique et actifs numériques.
Dans ce contexte, le CEO de Generali Investments, Woody Bradford, a souligné que « l’accélération de l’adoption de la tokenisation représente une opportunité stratégique pour les gestionnaires d’actifs ». Il a ajouté que le projet s’inscrit dans la continuité des avancées en intelligence artificielle et en automatisation, renforçant la position du groupe comme pionnier de l’innovation financière.



